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Renault Rambler présidentielle Chapron (1962)

             Pour se donner une image de voiture de luxe, qu’il a-t-il de mieux que de transporter les têtes dirigeants des Etats ? Le fait d’être voiture présidentielle fait parler du modèle et offre une visibilité sans égal. En 1962, quand Renault commercialise la Rambler, la Régie va tenter de courtier le général de Gaulle… En vain.

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              22 Août 1962, l’attentat du Petit-Clamart qui visait le Général de Gaulle échoue, 187 balles tirées, 14 atteignent la Citroën DS présidentielle sans blesser aucun des occupants de la voiture. On raconte même que le comportement routier de la DS a permit de sauver la vie du président de la République car même avec les pneus percés, la voiture continua de rouler de manière stable tout en accélérant. De quoi conforter De Gaulle dans sa fidélité avec Citroën.

             Pour autant, le Ministre de l’intérieur d’alors, Roger Frey, souhaite que le Président de la République se déplace dans une voiture blindée afin d’assurer sa sécurité. Hélas, la Citroën DS ne se porte pas au blindage, les formes arrondies de sa carrosseries et surtout de son vitrage l’en empêche. Dans le même temps, la direction de Renault (alors Régie nationale) a écho de ce projet et propose la Rambler comme base. Si la Rambler parvient à être voiture présidentielle, se serait un coup de projecteur incroyable sur la nouvelle venue, qui provenait des Etats-Unis en réalité après un assemblage en Belgique. Et surtout, cela évincerait Citroën et sa DS de l’Elysée…

             LE projet de Rambler présidentielle fait intervenir plusieurs acteurs, il semblerait que le styliste Charbonneaux ait signé les lignes de la voitures, laquelle fut ensuite assemblé chez le carrossier Chapron. La base est une Rambler-Renault de 1962 transformée en une limousine blindée, les lignes de la voitures sont très austères, pour ne pas dire froides. La face avant est très simple avec une large calandre et un losange en évidence. Quand au vitrage, la lunette arrière panoramique devient droit car à cette époque, on ne savait pas produire une vitre blindée et courbée.

               Pour déplacer la voiture, la Rambler Limousine s’équipe d’un six cylindres en ligne de 5.258cm3, lequel développait 250Cv. Un moteur américain donc, qui ne fut jamais proposé sur la Rambler de série.

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              Au cours de l’année 1963, le modèle est achevé puis on s’apprête à le présenter au président de la République dans la cour de l’Elysée. Et De Gaulle fut sec en la voyant : « c’est-ce que c’est cette voiture ? Celui qui l’a commandée la paiera, il est hors de question que la République paye une voiture pareille ». Tout était dit, jamais De Gaulle ne monta à bord de cette Rambler, qui ne fut jamais voiture officielle malgré son immatriculation « 6 PR 75 » qui nous prouve qu’elle faisait bien parti de la flotte de l’Elysée.

             Pourquoi cette réaction de la part de De Gaulle ? Premièrement, celui-ci n’a jamais souhaité rouler dans une voiture blindé car souhaitant être au plus près du peuple, ensuite, De Gaulle avait un goût prononcé pour les Citroën, et notamment envers la DS. Mais finalement, le drame de la Rambler fut d’être une voiture américaine, nous étions alors en pleine guerre froide et De Gaulle souhaitait avoir une politique différente et ne pas s’aligner sur les américains.

                Au final, la voiture a semble-t-il été financé par Renault puis se serait retrouvée dans une collection privée avant d’arriver au sein de la collection du mémorial Charles de Gaulle, où la voiture affiche un kilométrage de seulement 15.000km !

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