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Renault 5 Alpine (1976-1981)

           La Renault 5 Alpine marque le début d’une nouvelle ère pour les Renault sportives, on oublie le désormais mythique blason Gordini pour prendre celui d’Alpine, une marque tout juste rachetée par la Régie. Aussi, la voiture semble viser une nouvelle clientèle par rapport à la R12 Gordini qui fut, il faut le dire, décriée. Partons donc à la découverte de la Renault 5 Alpine… 

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            Janvier 1972, Renault présente la R5, une petite voiture qui veut se faire une place sur le marché des petites citadines et concurrencer les Mini ou encore la nouvelle Autobianchi A112. Le pari semble osé à une époque ou les français préfèrent les petites berlines familiales, toutefois, avec un argumentaire publicitaire efficace comme le hayon, la Renault 5 se hisse à la première place des ventes en France sur l’année 1974. Rapidement, Renault étoffe la gamme R5 avec la LS qui s’adjoint aux 5L et 5TL à partir de 1975.

               La R5 LS ne se présente pas réellement comme une sportive mais d’avantage comme une R5 améliorée, la puissance monte à 64Cv grâce à son 1.289cm3 et des performances comme un 155km/h. Arrivée en 1974, la LS est rebadgée TS à partir de 1975 et conserve les mêmes performances. Mais il fallait à la Régie une véritable sportive, la Renault 12 Gordini tant décriée cesse sa carrière en 1974, il ne restait plus que le coupé R17 ou les Alpine que Renault venait de racheter en 1972.

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            En revanche, pour une clientèle jeune, l’offre sportive est absente et la R5 LS ne répond pas aux demandes exigeantes des passionnés de sport auto. De plus, les voitures sportives vont rapidement voir leur côte d’amour chuter avec la crise pétrolière de 1973 qui entraine l’apparition de limitation de vitesses en France. Renault semble flairer un nouveau filon encore peu exploité, d’autant que la jeune clientèle est demandeuse de performances.

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              Renault concocte donc une véritable sportive en prenant la R5 comme base, le projet prévoyait initialement de recycler le moteur de la R12 Gordini, hélas, celui-ci ne loge dans le compartiment moteur. Solution de repli, reprendre le 1.300 de la R5 TS, porter sa cylindrée à 1.397cm3 et faire préparer le moteur à la sauce Alpine. Avec un carburateur Weber double corps et un filtre à air extirpé de la R16TS, une boite à cinq rapports reprise à la R16 TX, ce bloc moteur développe 93Cv et se loge sans problème sous le capot de la Renault 5.

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                Sportive oblige, ce projet revoit également l’extérieur de la voiture. Renault aurait pu se contenter d’une peinture bleue et de quelques bandes blanches, hélas, le temps des Gordini semblait révolu à la Régie. A la place, le choix est fait de capitaliser sur le nom Alpine, d’autant que la firme venait de remporter le championnat du monde des rallyes en 1973, tandis que Gordini ne représentait plus rien sur la scène sportive. Bref, la voiture se nommera « R5 Alpine ». Celle-ci s’équipe de pare-chocs inédit en polyester accueillant deux antibrouillards Cibié, de décorations « A5 » sur le capot ainsi que sur les côtés, de jantes en tôle larges « Fergat ».

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               Quant à l’habitacle, la Renault 5 Alpine reçoit des fauteuils baquets, un volant en plastique noir à quatre branches, mais le reste manque de charme et quelques oublis sur l’instrumentation de bord furent rapidement soulignés par la presse : pas de manomètre de température d’eau et d’huile ! Heureusement, le look extérieur de l’auto rattrape quelque peu ses oublies, et sa fiche technique aguicheuse fini par faire le reste.

              La Renault 5 Alpine est présentée au public en Juin 1976, la presse fait de suite le lien avec la présentation de la Volkswagen Golf GTI présentée en Septembre 1975. Présentée comme la réponse de Renault suite à succès de la GTI, la réalité semble tout autre car à l’échelle de la création d’une voiture, autant dire que ces deux modèles sont arrivés en même temps. Disons plutôt que les deux marques ont développé leur voiture en même temps et que Volkswagen était un peu plus avancé…

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               Côté ventes, la Régie est plutôt satisfaite car la voiture connait un certain succès, mais en ce qui concerne la fiche technique, la Golf GTI est nettement en avant, ce qui en fait la référence des petites sportives. Seul avantage de la petite Renault, sa boite 5 quand la Golf GTI ne proposait qu’une boite à quatre rapports. Mais pour le moment, la Régie ne semble pas décidée à octroyer plus de puissance à la R5, c’est plutôt sur l’équipement que l’on mise.

                En effet, en 1978 arrivent enfin les mano de température d’eau et d’huile, mais aussi des nouvelles jantes en alliage présentant le dessin de celles de l’Alpine A310 V6. Quelques petits éléments évoluent, comme l’alternateur à régulateur intégré pour le millésime 1980. Mais pour rivaliser avec la Golf, la Régie est bien obligée de se résoudre à trouver une solution pour augmenter les chevaux. C’est finalement vers le turbo et son expérience recueillie en Formule 1 que Renault décide d’aller pour créer un nouveau modèle, la Renault 5 Alpine Turbo.

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                Avec son turbo, la R5 Alpine Turbo prend la place de la R5 Alpine à compter d’août 1981, cette dernière fut finalement produite durant six années à 59.202 exemplaires, un chiffre largement dépassé par la principale rivale de chez Volkswagen. Mais la voiture n’a pas perdu son charme et se trouve désormais recherchée par les amateurs de petites sportives, avec un prix qui monte en flèche, suivant le rythme des véritables Alpine…

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