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Citroën TUB (1939-1941)

             Si l’on a souvent tendance à surnommer le Citroën HY de « TUBE », en réalité, le Citroën TUB est une fourgonnette utilitaire qui a devancé le HY puisque produits entre 1939 et 1941. Ce petit utilitaire, oublié aujourd’hui si ce n’est des passionnés de la marque aux chevrons, fut pourtant le premier utilitaire à s’équiper de série d’une porte coulissante latérale et d’un plancher de chargement bas. 

Citroën TUB (1)

             C’est en 1935 que le projet du Citroën TUB apparaît, quasiment simultanément au projet TPV qui devait donner lieu à une petite voiture populaire qui deviendra la 2CV. Il faut dire que 1935 est une année charnière pour Citroën, puisque le constructeur aux chevrons est repris cette année par Michelin qui cherche désormais à rentabiliser la très coûteuse Traction et élargir sa clientèle vers les classes populaires.

             Côté utilitaire, Citroën avaient encore dans la gamme la Rosalie ainsi que le Type 23, un camion apparu quelques mois plus tôt sous l’égide d’André Citroën. Si cette gamme était large, il semblait toutefois manquer un véhicule entre la Rosalie et le Type 23, c’est-à-dire un véhicule dont la charge utile se situerait entre 500 et 850kg. Pour combler ce vide, Citroën développe une version commerciale de la Traction pour disposer d’un véhicule capable de transporter 500kg et qui viendrait remplacer les Rosalie vieillissantes. Mais pour un poids supérieur, Pierre-Jules Boulanger demande à ce que l’on esquisse un projet qui répondrait à la demande des clients.

                C’est ainsi qu’à l’instar de la TPV, Citroën réalise un étude de marché afin de cerner au plus juste les attentes des clients, c’est courant 1936 que les résultats de cette étude sont dévoilés à Pierre-Jules Boulanger, dont il sort que les utilisateurs sont demandeurs d’un véhicule à cabine avancée dans lequel on pourrait se tenir debout, tout en pouvant passer de la cabine à l’espace de chargement sans sortir du véhicule, et équipé d’une porte latérale côté trottoir pour faciliter le déchargement.

Citroën TUB (3)

            Face à cette demande qui existe, le projet va devenir concret avec la réalisation courant 1937 d’un premier prototype, lequel sera fini à l’automne de cette année et montré aux dirigeants de Citroën. La véhicule ne ressemble à rien de connu du côté des utilitaires, et pourtant il apparait déjà que ce véhicule est novateur.

             En effet, le châssis est constitué par deux longerons contre-coudés qui permettent d’installer un plancher de chargement le plus bas du sol, le seuil de chargement est mesuré à 42cm. La hauteur intérieur est de 175cm, permettant de s’y tenir debout, et une porte latérale est installée et s’ouvre en coulissant, une première pour un utilitaire léger. Quant à la cabine, celle-ci présente un plancher haut afin de loger la mécanique qui se place donc en porte à faux avant. La roue de secours et la batterie se logent enfin dans un petit compartiment situé sur le côté du véhicule, accessible et qui surtout, évite qu’elles rentrent en contact avec les marchandises.

Citroën TUB (2)

               La mécanique ainsi que la boite de vitesses est reprise sur la Citroën Traction, il s’agit du quatre cylindres en ligne de 35Cv issu de la Traction 7C. Sont également repris le train avant à barre de torsion, le système de freinage hydraulique avec des tambours en provenance de la Traction 11Cv.

              Sur cette base, le véhicule connaîtra quelques évolutions, la carrosserie est étudiée pour être la plus simple possible, mais aussi pour être la moins chère possible à produire. Ainsi, sur les deux côté arrières, on retrouve en guise de carrosserie des rideaux en toile, percées de fenêtres en matière transparente souple. Economie sur le poids mais aussi sur le métal … Cette carrosserie fut sous traitée auprès du carrossier Fernand Genève.

Citroën TUB - poste de conduite

              Finalement, cet utilitaire, appelé 7-T série U est présenté aux services des mines le 12 Mai 1939 et reçu, le modèle présenté portait le numéro de châssis 900.000. C’est lors de cette réception du véhicule que le nom TUB apparait, qui est l’abréviation de « Traction utilitaire Basse ». Ce véhicule dispose d’un volume utile de 6m3 et une charge utile de 1.020kg.

             La commercialisation du Citroën TUB débute le 5 Juin 1939 au prix de 36.000 Francs. En 1940, Citroën présente aux mines le 11-T série U, un TUB mais équipé du moteur de la Traction 11, mais qui dispose de la même charge utile que le TUB à moteur 7Cv. Pour les distinguer, le TUB 7Cv ne possède qu’un seul essuie glace côté passager et d’une trappe lisse pour accéder à la batterie.

            Avant que la guerre n‘éclate, Citroën aura le temps de faire homologuer le 13 Février 1940 le 11-T série U-C, qui fut dénommée TUC (Traction Utilitaire de type C) dont la charge utile passe à 1.200kg, lequel fut décliné en version ambulance dénommée TAMH. Mais l’invasion de la France par les armées allemandes commençant courant Mai 1940, la diffusion du Citroën TUB/TUC, déjà faible, s’essouffle encore plus. Pire, la rapide avancée des armées allemandes surprend tout le monde, l’usine Citroën du Quai de Javel est évacuée en urgence courant Juin 1940. Par la force des choses, la production du Citroën TUB/TUC s’arrête là, après un nombre d’exemplaires fabriqués estimés à environ 2.000 exemplaires. Pendant l’occupation, l’entreprise Fenwick rachète une centaine de TUB pour les transformer en véhicule électrique : le Fenwick Urbel. Après guerre, un autre utilitaire sera rapidement prêt, le Citroën HY, qui reprend de nombreuses solutions adoptées sur le TUB/TUC, lequel prendra donc la relève de ce véhicule d’avant guerre…

            Aujourd’hui, très peu d’exemplaires ne nous sont parvenus, et pour cause, sur la faible diffusion de ce modèle, il faut rajouter les réquisitions faites par les armées allemandes qui ont scellés le sort de beaucoup d’exemplaires, dont certains ont été emportés jusque sur le front russe.

 

 

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