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Pontiac Fiero (1984-1988)

             Elle aurait pu être une sportive avec une ligne désirable et un prix accessible, la Fiero de Pontiac reste un échec commercial, la faute notamment à la maison mère General Motors qui limita le projet de peur d’une lutte fratricide avec la Corvette de Chevrolet… 

PONTIAC FIERO (1)

           Avec les chocs pétroliers des années 1970, l’automobile américaine doit se réinventer. Terminé les V8, les berlines aux dimensions de camions, les muscle-cars… Les constructeurs américains développent alors des véhicules compacts, plus en phase avec leur époque et les attentes des consommateurs, et luttant désormais contre l’offre des constructeurs japonais qui profitent de cette époque pour améliorer leur image, notamment avec des voitures loisirs comme la Toyota MR2 qui arrive en 1984, quasiment en même temps que la Fiero.

1978 - etude Pontiac Fiero

             Chez General Motors, au sein de sa division Pontiac, nait en 1978 le projet d’un petit coupé à moteur V6 qui se transforma, en raison de la seconde crise pétrolière (mais surtout en raison du refus de la maison-mère de financer une potentielle rivale interne à la Chevrolet Corvette), en un coupé abordable équipé d’un quatre cylindres. General Motors n’attribuant qu’un budget de développement de 400 millions de dollars pour le développement et l’outillage d’une ligne de production (c’est à dire rien comparé au développement d’un nouveau véhicule), le projet est considérablement revu à la baisse, les développeurs décident de partir d’une base populaire et de transformer le châssis pour installer le moteur en position centrale arrière, tout en piochant des éléments de la banque d’organes GM : suspensions, freinage…

            A la tête du projet qui mena à la Pontiac Fiero, on nomme Hulki Aldikacti, un cadre avec 22 années d’expérience au compteur qui, compte tenu du faible budget alloué, décide de réunir les ingénieurs développements aux ingénieurs production pour diminuer tant les coûts que les délais de développement, une « marche forcée » assez peu bien vue chez General Motors, mais le projet de la Fiero a les faveurs de William Hoglund, directeur de Pontiac qui voit en ce produit la renaissance de la marque. Pontiac avait alors des véhicules fades, techniquement dépassés dont la clientèle traditionnelle commençait à se détourner. Le renouvèlement de la Firebird en 1982 était le premier acte du renouveau, la Fiero le second…

             La Fiero a donc été développée comme une voiture abordable, proposant deux places, un moteur économique, un petit gabarit facile à garer. Une voiture qui vise principalement les habitants des périphéries des grandes villes ou la gente féminine. Grâce à son moteur central arrière, la Fiero propose une ligne des plus sympathiques, en faisant un coupé deux places (une première chez Pontiac depuis 1938) et la première Pontiac à moteur en position centrale. Lors de la présentation de la voiture, l’architecture et la ligne laisse présager d’une petite sportive, hélas, la fiche technique a de quoi refroidir : le quatre cylindres de 2,5 litres propose 93Ch, il est associé à une boite à quatre rapports et calibré pour limiter la consommation d’essence plus que pour les performances, par exemple, en cycle extra urbain, Pontiac annonce une consommation sous les cinq litres mais un 0 à 100km/h en 11,9 secondes… Amérique oblige, la Fiero s’équipe aussi d’une boite automatique à trois rapports qui améliore l’accélération, au détriment de la consommation.

PONTIAC FIERO INDY (1)

              Comme point positif, on peut citer le prix d’attaque de la Pontiac Fiero, 7.999$ pour la version « Coupé », 8.499$ pour la finition « Sport Coupé », et 9.599$ pour la finition SE. Le prix de la Fiero est en fait son principal atout, et Pontiac lance une campagne promotionnelle qui fait mouche, comprenant un parrainage avec la tournée de Daryl Hall et John Oates, et la Fiero devenant le Pace Car des 500 miles d’Indianapolis, l’occasion d’une série limitée tirée à 2.000 exemplaires. Le millésime 1984 de la Fiero (s’étalant de juin 1983 à juin 1984) est une réussite, Pontiac tablait sur 80.000 exemplaires, il s’en écoula finalement 136.840 unités.

PONTIAC FIERO GT (2)

            En 1985, Pontiac ajoute la Fiero GT au catalogue, un modèle dérivé de la série Pace Car de l’année précédente, quant aux critiques sur la faible puissance du moteur, Pontiac semble y répondre en introduisant un V6 de 2,8 litres pour 140Ch, le quatre cylindres gagne quant à lui 2Ch. Hélas, la Fiero commence à souffrir de critiques de la part des clients, le moteur V6 manque de fiabilité, et pour cause : pour le faire entrer dans le compartiment moteur, les ingénieurs ont réduit la taille du carter d’huile. D’où de nombreux problèmes de surchauffe, pire, il est répertorié 135 départs d’incendies, ravivant chez certains le souvenir de l’affaire de la Ford Pinto… Quoiqu’il en soit, la Fiero voit ses ventes chuter à 76.371 unités pour le millésime 1985.

PONTIAC FIERO GT (1)

       En 1986, Pontiac redresse la barre avec 83.974 Fiero vendues, un léger ressaut du en grande partie à l’arrivée de la version « Fastback » En 1987, la gamme Fiero reçoit un nouveau bouclier avant, plus aérodynamique, et désormais teints à la couleur de la carrosserie. Cette année là, une version spéciale nommée Mera, en réalité une Fiero dont la carrosserie singe une Ferrari 308, est commercialisée dans le réseau Pontiac, une aventure de courte durée qui se termine sur un procès intenté par Ferrari contre Corporate Concept, à l’initiative du kit carrosserie. En 1987, Pontiac n’écoule que 46.581 unités de la Fiero… L’été 1987 a été une période noire pour la fiabilité des Fiero du premier millésime avec une moyenne de 20 incendies par mois sur le modèle.

PONTIAC FIERO GT (3)

            En raison des faibles ventes du modèle, et de son image dégradée Pontiac décide de limiter les frais. En 1988, la Fiero à le droit à une nouvelle suspension (en fait, la suspension qui avait été imaginée lors du développement de la Fiero, abandonnée pour les raisons de coûts), les effort de Pontiac permettent d’obtenir une voiture enfin fiable sur le plan mécanique. Le 16 août 1988, la dernière Fiero sort d’usine, en cinq millésimes, Pontiac en aura donc écoulé 370 168 exemplaires, un score honorable et au-delà de la Toyota MR2, souvent citée comme rivale directe, elle reste un échec sur le plan financier pour Pontiac qui perdit de l’argent avec la Fiero qui resta donc, logiquement, sans remplaçante directe.