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Carrosserie Guillaume Busson

                Issu d’une famille dans laquelle on est artiste-peintre de père en fils, Guillaume Busson se démarque en devenant pilote dès 1909, une activité dans laquelle il va se faire un nom en quelques années, notamment en étant le quatrième aviateur a survoler Paris en Juillet 1910 en effectuant un Paris-Juvisy-Paris. Il participe à de nombreux meetings ainsi qu’à la mise au point des avions Deperdussin-Béchereau avec lequel il réalise deux records du monde de distance en 1911. Une carrière qui semblait bien partie dans les airs, mais en 1912, Guillaume Busson est victime d’un accident d’avion dont il sortira grièvement blessé. Après une longue convalescence, sa carrière de technicien prend le dessus sur celle de pilote, il travaille à améliorer les avions et s’intéresse aux problèmes d’aérodynamisme.

                   Hélas, la première guerre mondiale intervient en 1914, et Guillaume Busson, bien que dégagé de toute obligation militaire, s’engage pour devenir pilote de chasse. Démobilisé en 1921, il travaille un temps chez Morane-Saulnier avant d’aller vers ses premiers amours, l’automobile. Comme de nombreux aviateurs, le passage de l’aviation à l’automobile se fit en temps que carrossier, une activité qui débute à partir de 1924.

               Avec son entreprise basée à Nanterre, Guillaume Busson met en application ses connaissances aériennes dans le monde de l’automobile, et dessine des carrosseries aérodynamiques en enlevant tout ce qui entrave l’écoulement de l’air. Les ferrures sont supprimées, puis petit à petit, les carrosseries deviennent plus lisses… Busson se fait un nom sur le marché des carrossiers par ses réalisations très différentes de ce qu’il se faisait alors, et nombre de commandes resteront des réalisations uniques. Dans ses premières années, il carrosse notamment plusieurs Citroën.

                       Les commandes s’enchainent pour Busson et sa réputation se fait grandissante, des propriétaires de plus en plus riches se tournent vers lui pour s’octroyer ses services. C’est ainsi qu’il est amené à carrosser des Delage, et même une Rolls Royce, son unique travail sur un châssis de cette marque avec une Silver Ghost commandée par Pierre Boucard.

Rolls-Royce Busson

                    A la fin des années 1920, l’avant devient plus bombé, les phares deviennent intégrés aux ailes, un peu à l’instar de ce qu’avait pu faire Chenard & Walcker sur ses Tank de compétition. Par ailleurs, c’est à cette même époque qu’une voiture dont la carrosserie est attribuée à Guillaume Busson est réalisée, la forme est en tout point similaire aux Tanks Chenard, si ce n’est le capot plus long pour loger les deux moteurs quatre cylindres longitudinaux. Cette voiture est connue par son surnom, le « coupé Marquez » en référence à son propriétaire. Hélas, aucune autre information n’est connue sur cette voiture.

                   Petit à petit, les voitures carrossées par Busson adoptent une personnalité à part entière, qui se distinguent par leur face avant et leurs forme ponton en font des voitures à l‘apparence moderne. En 1929, Busson semble avoir trouvé un modèle de carrosserie idéal et le duplique sur deux voitures, une Citroën C6 ainsi qu’une Delage. La Citroën est présentée lors d’un Concours de Carrosserie cette même année et y remporte le premier prix, une distinction honorable pour ce carrossier qui lui permet de rentrer dans la cour des grands.

              Busson se fait ainsi une réputation dans la recherche aérodynamique, les années 1930 furent les années du streamline modern, les voitures arborent petit à petit des lignes fluides, élancées. Le carrossier Grümmer, s’associe avec Guillaume Busson pour créer une ligne aérodynamique, appelée « l’Hirondelle », qui fut brevetée en 1933, en même temps que fut déposé le nom « Aeroprofil » pour commercialiser cette œuvre. Ce brevet fut également déposé aux Etats-Unis en 1935.

              En 1933, Guillaume Busson participe aux études de carrosserie aérodynamique d’une voiture de record de vitesse construite pour le compte de Delahaye 18cv, et y greffe une carrosserie de Torpédo Sport Biplace. Cette Delahaye effectuera sur l’anneau de Montlhéry 500km avec une moyenne de 158,6km/h, des résultats modestes mais qui préparent le terrain pour une véritable voiture de record, mais qui sera habillée par Figoni et Falaschi.

                    Cependant, l’activité de carrossier de Guillaume Busson semble avoir du mal à décoller, aucune réalisation n’aurait été effectuée dans la seconde partie des années 1930, on sait en revanche qu’il a été employé par l’entreprise Tubeauto dans laquelle il est employé en tant qu’ingénieur et a déposé un brevet en 1938 pour le compte de son employeur.

                    La seconde guerre mondiale arrive à grand pas, Guillaume Busson arrête ses activités de carrossier et reprend du service dans l’armée, il travaillera notamment pour le compte de l’armée britannique, avant de rentrer dans la résistance. A la fin de la guerre, il tente d’intégrer l’armée de l’air française mais il y est refusé en raison de son âge (59 ans), il obtient toutefois un poste au sein du Service de l’aviation légère et sportive où il s’intéresse de près à l’hélicoptère, dont il fut l’un des principaux propagandistes. Guillaume Busson décède le 17 Mars 1958 à l’âge de 73 ans.

               Les informations sur la carrosserie Guillaume Busson sont hélas rares, ainsi, si vous possédez des informations, photos, articles … n’hésitez pas à les faires connaitre pour enrichir cet article. Je tiens à remercier Camille Busson pour son aide précieuse à la confection de cet article, et notamment pour sa recherche documentaire.