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Rencontre d’un aventurier en BMW R12

             Le monde de l’automobile ancienne est riche à bien des égards, l’on y rencontre des passionnés singuliers, enthousiastes, attachants… Parfois, il arrive de trouver des personnes ayant la même fibre que la notre, tel est le cas des passionnés de motos anciennes. Si les motos sont des « véhicules automobile », l’usage veut qu’elles soient classées dans une catégorie qui leur est propre. Pourtant, certaines rencontres permettent de souligner notre passion commune : la mécanique ancienne.

 BMW R12 (1)

               Il n’est pas dans mes habitudes sur le site de relater les rencontres que je peux faire au fil de les pérégrinations, mais parfois, certaines rencontres sont assez exceptionnelles. Celle-ci commence par l’un de mes voyages en Auvergne, dans les rues à fort dénivelé de la ville de Thiers, se profile au loin une silhouette d’une moto avec side-car au style ancien. Si je ne suis pas particulièrement fan de motos, il m’arrive de temps à autre de m’extasier devant quelques Peugeot, Motoconfort, Terrot et autres, bien que cet univers m’échappe complètement. Mais revenons à notre moto du jour, quand je passe à côté d’elle, je constate qu’il s’agit d’une BMW de part son style, ce qui est confirmé par les logos qu‘elle arbore, et sa plaque sur le garde boue avant me confirme le reste : il s‘agit d‘une « BMW R12 ».

             Face à une telle rareté, je ne peux que me garer un peu plus loin et descendre la voir de plus près. Je commence à faire quelques clichés, puis le propriétaire de cette moto sort de son garage, l’on commence à tailler une petite bavette. Véritable aventurier, il ne cesse d’arpenter les routes du monde avec sa BMW R12, laquelle arbore fièrement les voyages qu’elle a effectuée, les pays traversés, les villes visitées. De nombreux noms connus sont présents sur cette moto : Lac Baïkal, Machu Pichu, Sahara, Terre de feu, …

BMW R12 (2)

           Essayons de présenter cette moto, une BMW R12 datant de 1939, qui a donc parcouru le monde entier. La R12 est une moto d’avant guerre venant en emplacement de la R4; elle fut présentée en 1935 en même temps que la BMW R17, qui sont les deux premières motos à être équipées de série d’une fourche télescopique à amortissement hydraulique. Produite jusqu’en 1942, la BMW R12 fut l’une des motos les plus produites de son temps, avec 36.008 exemplaires, aidée par l’armée allemande d’alors qui en commande plusieurs milliers pour équiper ses troupes afin de disposer d’un véhicule de reconnaissance rapide. Par ailleurs, l’armée allemande était une grande consommatrice de sidecar, si bien que BMW a du modifier ses techniques de soudure pour utiliser la technique du soudage à l’arc électrique pour rendre le châssis plus robuste.

               Mais ne parlons plus de ces heures sombres de l’histoire, bien que le modèle R12 y soit associé, et parlons technique. Le moteur de la R12 est un bicylindre à plat de 745cm3, refroidit par air, et disponible en deux versions. L’une avec un carburateur simple corps de marque SUM, qui permet à la moto de développer 18Ch à 3.400Tr/Min; l’autre avec deux carburateurs de marque Amal, permettant de développer 20Ch; des moteurs qui ne sont pas des plus puissants mais qui cachent un important couple. La monocarburateur a été la variante la plus produite car l’armée allemande n’utilisait que cette dernière. Le moteur est accolé à une boite à quatre rapports, le tout permettant à la R12 de rouler jusqu’à 110km/h (120 pour la version à double carburateurs). Côté consommation, la R12 avait besoin de 3,5 litres aux 100km, ce qui avec son réservoir de 14 litres, lui donnait une autonomie située entre 350 et 400km. Cependant, avec un sidecar, la BMW R12 est plus lourde, d’autant qu’elle pouvait transporter jusqu’à trois hommes et leur matériel, l’autonomie tombe vers les 250km, la vitesse de pointe se situe à 90km/h.

                Cette BMW R12, telle qu’elle se présente à nous, est conforme à son état d’origine à l’exception de deux éléments, d’une part les filtres a airs ont été remplacés par des éléments à bain d’huile, et d’autre part, un échappement en inox, surélevé, prend la place des classiques pots d’échappements.

 BMW R12 (3)

             Côté voyages, cette BMW R12 est loin de démériter, elle a roulé dans les quatre coins du monde, l’Europe avec le Cap Nord en 1993, l’Asie avec le Népal en 2000, la route de la soie en 2003, l’Afrique avec le Sahara (2010) et l’Algérie (2012), et même l’Amérique du sud entre 2007 et 2008. Son dernier périple, plus de 21.000km direction le lac Baïkal effectué début 2014, le tout en hiver pour rouler sur la glace de ce mythique lac, dans des conditions climatiques qui feraient peur à plus d’un (températures négatives, neige, vents …), avec des passages parfois tendus, notamment l’Ukraine quelques semaines avant les événements qui déstabiliseront le pays, ou encore la frontière russe alors que les tensions entre l’Europe et la Russie étaient au plus fort. A côté de cela, les pépins mécaniques ne sont qu’une partie de plaisir, et de toute façon, le propriétaire de cette BMW R12 connait sa monture par cœur, et sait l’écouter pour déceler en temps et en heure les éventuelles désagréments mécaniques. L’entretien est rigoureux sur sa moto, et pour cause, faire l’impasse dessus, c’est compromettre la continuité du voyage, et sur une vieille mécanique, l’entretien est la première des choses à faire.

              Preuve en est, lors de son dernier voyage, la seule grosse panne qu’il eut à connaitre fut un bris de joint de culasse, pas de quoi faire peur à notre aventurier : une heure et demie d’intervention, et ça repart …

              Quant aux voyages, nul ne sait où cette BMW R12 amènera à l’avenir cet aventurier, une chose est sure, il repartira, toujours sur sa R12. Et si à chaque fois qu’il rentre d’un périple, il se dit avoir fait le tour de la question, il sait que l’envie revient vite et prend le dessus… Pour sûr, on entendra parler de cette R12 à l’avenir …

BMW R12 (4)

3 réflexions au sujet de « Rencontre d’un aventurier en BMW R12 »

  1. quel plaisir de retrouver ma chere moto dans ces pages. Je me souviens de la rencontre ce jour là. En tous les cas merci pour les sympathiques commentaires et pour faire un scoop ( n’exagerons rien tout de même) je vous donne la primeur. Depart pour le Kasakstan en sept ou octobre 2017……….c’est au bout de la route
    On the road again.
    La bise à tous
    eric

    1. Merci de votre retour !
      Je ne peux que vous remercier de votre disponibilité. En effet, je n’ai pas demandé tant de choses le jour où l’on s’est rencontré à Thiers, mais que de recherches !
      Je vous souhaite une bonne préparation pour votre prochain voyage, et au plaisir, peut-être, de se revoir sur Thiers quand je repasserai dans le coin.

      Amitiés

      Alex »

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