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La Micheline de Roger Baillon (1950)

  

          Trois ans après l’Oiseau bleu, Roger Baillon récidive dans ses œuvres de carrossier, mais cette-fois, il n’est plus question d’automobile mais de poids-lourd. Il faut dire qu’après la seconde guerre mondiale, Roger Baillon s’est rapidement spécialisé dans la carrosserie de véhicules utilitaires, bien qu’il a effectué quelques rares carrosseries automobiles restées sans lendemain.

           Sur la base d’un châssis d’International M426 récupéré dans une casse, Roger Baillon greffe un ensemble moteur/boite développant 130Cv provenant d’un Saurer 8 BUD, et habille le tout avec une carrosserie à cabine avancée, l’une des premières de l’industrie française du poids-lourd. Et c’est cette particularité qui fait sensation, bien que rapidement, les routiers lui trouvèrent le surnom de « Micheline », en référence à ses formes toutes en rondeur, mais aussi parce le poste de conduite est très reculé dans la cabine, à l’instar de ce qu’il se faisait du côté des autorails.

        La Micheline n’aura pas de carrière commerciale, le véhicule étant trop spécifique pour pouvoir être produit. Et c’est au sein de la société des Transport R.Baillon que ce « prototype » servira, et sans doute terminera sa vie, car le véhicule ne semble pas avoir été redécouvert avec le reste de la collection Baillon. Quand à l’idée de la cabine avancée, elle sera reprise quelques temps plus tard par les principaux constructeurs de poids-lourds…

  

Une réflexion au sujet de « La Micheline de Roger Baillon (1950) »

  1. Bonjour, ce prototype est très intéressant, notamment pour sa compacité qui lui vaut le statut de cabine « semi-avancee ». Mais il ne s’agit pas encore de « cabine avancée ». Celle-ci se caractérise par un siège conducteur à peu près sur l’axe des roues avant, un ensemble moteur-boîte dépassant ledit axe côté proue, un ensemble tableau de bord/volant/pédalier très en avant des roues, le tout nécessitant un porte-à-faux avant de la cabine beaucoup plus marqué. Ce positionnement avancé de la cabine fait que l’arrière des roues avant dépasse le dos de la cabine, sauf lorsqu’il y a une rallonge pour la couchette. Les portes latérales descendent du coup en avant des roues et non en arrière comme sur cette « Micheline ». Aujourd’hui, la plupart des « tracteurs » sont à cabine avancée, car, bien que ce soit beaucoup moins protecteur en cas de choc avant, c’est évidemment la solution qui permet d’avoir la cabine la plus courte possible, au profit de la marchandise transportée, pour une longueur totale donnée. On n’y était pas encore avec ce superbe proto… mais on commençait à s’en rapprocher !

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