smlallturbi

Fiat Turbina (1954)

               Dans les années 1950, la turbine fait rêver aussi bien les constructeurs automobile que la clientèle, ce nouveau mode de propulsion crée pour l’aéronautique montre toutes ses qualités dans le ciel et surpasse les moteurs traditionnels, l’on se met alors à espérer un tel avenir pour l’automobile. Dans les constructeurs qui se lancent dans une telle expérimentation, on peut citer Fiat avec sa Turbina.

Fiat Turbina (1)

               Fiat fait parti des précurseurs de la turbine appliquée à l’automobile puisque l’étude de ce système débute en 1948, à cette époque, Rover venait tout juste de mettre au point une petite turbine de 100Cv et était en plein développement de la T1 qui fut présentée en 1950. Chez Fiat, les études prendrons plus de temps car la Turbina devient fonctionnelle seulement le 14 avril 1954, elle effectue alors ses premiers tours de roue sur le circuit niché sur toit de l’usine de Lingotto.

                     Entre temps, Fiat avait mis au point sa propre turbine, la « Fiat Tipo 8001 » qui délivre 300Cv. Ce « moteur » est équipé d’un compresseur à deux étage, d’une turbine à deux étages, d’une turbine motrice et d’un groupe réducteur qui permet de transmettre le mouvement aux roues. Cette turbine qui fonctionne au gaz lui permet une vitesse maximale au-delà des 250km/h.

Fiat Turbina (2)

                  Si cette étude a mis beaucoup de temps à aboutir, c’est parce que Fiat ne voulait pas mettre tous ces ingénieurs en turbine sur ce projet d’automobile mais les atteler en priorité aux projets de turbine pour l’aviation (car Fiat produisait aussi des moteurs d’avions). Cependant, Fiat ne pouvait pas rester sans rien faire dans le domaine automobile sachant que de nombreux concurrents commençaient à étudier ce nouveau système de propulsion. En somme, le projet de la Turbina était une « cellule de veille » afin que Fiat ne se fasse pas distancer sur les turbines automobile si jamais cette technologie devait émerger un jour.

                   Cette turbine est posée sur la partie arrière du châssis tubulaire de la voiture, châssis qui s’inspire en grande parte de la celui de la Fiat 8V, et comportait quatre roues indépendantes avec une suspension elle aussi reprise à la 8V. Le mouvement de la turbine est transmis aux roues arrières par le biais d’un réducteur qui diminuait la vitesse de rotation entre la turbine et les roues motrices.

            Aussi, Fiat développe une carrosserie spéciale pour cette voiture, qui est réalisée par le « Centro Stile Fiat » alors dirigé par Fabio Luigi Rapi, qui a pour but de créer une carrosserie la plus aérodynamique possible. L’étude est extrêmement poussée et débouche sur une ligne affichant un Cx record de 0,14 ! Et les éléments qui impressionnent le plus sont les deux ailerons arrières qui font office de stabilisateur quand la voiture évolue à haute vitesse. Mais aussi, la carrosserie a été étudiée dans le but d’insonoriser le compartiment moteur de la Turbina, car la turbine n’était pas le mode de propulsion le plus silencieux.

Fiat Turbina (4)

            Mais pour rendre la Turbina plus crédible, Fiat l’équipe d’un système d’éclairage qui respectait les normes d’homologation des véhicules et comportait, notamment, des phares escamotables. La Fiat Turbina est finalement présentée au salon de Turin 1954 qui ouvre ses portes, où elle attire l’attention de la foule. La voiture aura surement fait quelques essais par la suite, avant d’être abandonnée car la consommation de la turbine était trop excessive, car au minimum, la turbine consommait à puissance égale deux fois plus qu’un moteur traditionnel.

Une réflexion au sujet de « Fiat Turbina (1954) »

Laisser un commentaire