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Volkswagen Golf II – 1989

Volkswagen Golf II (4)

           Dix ans après avoir lancé le mythe Golf, Volkswagen se devait de donner une descendance à sa compacte star ! Sans trop avoir à revenir sur l’histoire de la « Golf One », cette voiture devait remplacer la Cox, et va réinventer le créneau des berlines compactes. Le succès insolent qu’elle rencontre va faire réagir l’ensemble des constructeurs européens qui vont développer des alternatives à cette voiture. Plusieurs millions d’exemplaires plus tard, à l’automne 1983, c’est au tour de la seconde génération de Golf d’entrer en scène.

             Pour cet article, interrogeons-nous sur le devenir de certaines voitures dans le monde de la collection, voire parfois des youngtimers. Par conséquent, nul question d’analyser la Golf II par ses modèles les plus en vogue, comme la GTI. Au contraire, c’est avec l’entrée de gamme que nous allons prendre connaissance, avec une banale et très simple Golf 1300, boite quatre, datant de 1989 !

Volkswagen Golf II (5)

            Remplacer un mythe est loin d’être une tâche simple du côté des constructeurs, déjà, Volkswagen s’y était essayé au début des années 1970 afin de sortir de la monoculture des moteurs à plat et des propulsions pour préparer l’arrêt de la Cox. Apparaissent ainsi la Volkswagen K70 en 1970 (qui est, il faut le rappeler, issue du constructeur NSU tout juste racheté), la Passat en 1973 et la Golf en 1974. Cette dernière, préparée avec l’aide du styliste Giugiaro, est une voiture bicorps à hayon, aux lignes carrées, un style qui se démarquait à l’époque. Et lors de sa présentation, la Golf convainc immédiatement le public, le succès était lancé; un cabriolet et la version GTI finiront d’affirmer le caractère de la voiture.

           Dès 1978, les études en vue du remplacement de la Golf débutent, et les lignes directrices sont strictes, il conviendra de garder tout ce qui a fait le succès de cette première génération. D’ailleurs, la concurrence commençait à affuter ses armes en prenant exemple de la Golf, Volkswagen se devait donc de répliquer pour garder une longueur d‘avance. Les principales idées directrices ont été d’améliorer l’équipement de la voiture, et de moderniser le design sans provoquer d’important changements.

        La Golf II fut présentée en Allemagne au cour de l’Automne 1983, la commercialisation outre-Rhin débuta quelques mois après. Si la présentation de Golf seconde génération était attendue, le public se demanda si la Golf II était réellement une nouvelle voiture ? En effet, la ligne de la voiture reprenait les grands traits celle de la première génération en ayant été savamment modernisée, juste ce qu’il faut pour conserver intacte la ligne générale. Cependant, les changements sont bien présents, la Golf II est plus longue de 16 centimètres, la ligne est moins agressive par l’adoption de quelques courbes. Quant à l’habitacle, celui-ci est plus spacieux. Et en réalité, la quasi-totalité des pièces de la Golf II sont nouvelles.

        A cette époque, la Golf n’est seulement disponible en version trois portes, et pas encore commercialisée en France. En effet, Volkswagen France souhaite attendre quelques mois de plus pour proposer dès le départ de la version trois et cinq portes, cette dernière arrivant au début de l’année 1984. Puis c’est rapidement toute une gamme qui naît, les Golf sont disponibles en version 55, 75 et 90Cv, se rajoutent une version Diesel puis Turbo Diesel, et apparaît également mi-1984 la très attendue version GTI.

Volkswagen Golf II

          Mais pour notre article, nous resterons bloqués en bas de l’échelle, avec l’entrée de gamme. La Golf de notre article a été fabriquée en 1989, il s’agit d’une très simple Golf 55. Tout d’abord, entre la Golf II de 1984 et la notre, le modèle a connu une petite évolution esthétique en 1987 : la calandre n’a désormais que quatre barrettes et le logo est agrandi, le déflecteur fixe des vitres avant est supprimé, ce qui nécessite le déplacement des rétroviseurs vers l’avant, les baguettes latérales sont plus larges, et enfin, un logo Volkswagen est ajouté au centre de la jupe arrière. Des toutes petites retouches qui permettent de moderniser l’aspect de la voiture. L’intérieur connait aussi de petites évolutions, le volant et les commandes l’entourant sont redessinés, tandis que les fauteuils optent pour un nouveau revêtement tissu dit « carreaux sport ».

         Au sein de l‘habitacle, on se trouve dans une ambiance très fin années 1980, le plastique noir est omniprésent : tableau de bord, console centrale, montants … seul le tissu des fauteuils, gris aux mailles larges ornementé de quelques bandeaux de couleur vient égayer l’atmosphère. Mais ne critiquons pas, si cet intérieur parait terne, il inspire toutefois la qualité, et pour la fin des années 1980, on est dans ce qu‘il se faisait de mieux sur ce segment. Et que dire de la qualité des matériaux, les plastiques sont d’une grande qualité et ne se sont ni ternis, ni fissurés; il en va de même pour le tissu ou encore le ciel de toit. Tout est présent, rares sont les pièces a avoir du jeu, rien d’anormal après 25 ans, bien au contraire.

          Une fois en place dans le fauteuil conducteur, non sans être installé très bas, il y a de la place au dessus de ma tête, et même si je ne suis pas très grand, quelqu’un de plus d’1,90 mètres pourrait s’installer aisément dans la Golf. D’ailleurs, le fauteuil conducteur me semble être très décalé vers la gauche, ce qui donne l’impression d’être dans un habitacle très large; ou comment se sentir dans une grande voiture ! Quant à l’ergonomie, tout est bien pensé, l’ensemble des commandes nécessaires à la conduite tombent sous la main, quand au reste, tout est accessible. Petit bémol toutefois pour l’allume cigare, qui est caché derrière la trappe du cendrier, rendant peu aise son utilisation.

          Concentrons-nous maintenant sur la mécanique, la plus petite des Golf avec son moteur de 1.272cm3, un quatre cylindres en ligne alimenté par un carburateur double corps. Accolé à une boite à quatre rapports, cet ensemble développait 55Cv, qui côté performance permettait d’atteindre 157km/h en vitesse maximale, 16,5 secondes pour le 0 à 100km/h. Des performances qui sont bien moins convaincantes sur le papier que celle des versions plus puissantes (75 et 90). On pourra toutefois aujourd’hui reprocher la gourmandise du moteur, 7,1 litres aux 100km sur route, 8,5 litres sur autoroute, et 9,8litres en ville, pour des performances peu honorables, c’est sans doute, sur le plan mécanique, l’un des seuls reproches que l’on puisse faire à la voiture.

Volkswagen Golf II

           Partons désormais sur la route, la voiture s’élance dans un calme des plus serein, de l’habitacle on n’entend seulement quelques légers murmures du moteur. Mais cette sérénité est rapidement troublée par le compteur de vitesse qui, dès les premiers mètres, semble ne pas vouloir fonctionner. En réalité, il faut attendre d’être aux alentours des 40km/h pour enfin voir l’aiguille décoller. Ouf ! Revenons sur la conduite, cette première prise en main me révèle que notre Golf, équipé d’un 1.300 en boite 4, n’est pas un foudre de guerre. En effet, il faut être un peu patient pour atteindre les 70km/h, vitesse maximale autorisée pour le moment. Puis, un peu plus loin, les 90km/h s’atteignent sans plus de difficulté, et ceci s’avère être la parfaite vitesse de croisière de la voiture, bien qu’à cette allure, le manque d’une cinquième se fait entendre. Est-ce que la Golf en a un peu plus dans le ventre ? Appuyons donc sur la pédale d’accélérateur : 90… 95 … 100 … 105 … il faut prendre son temps pour dépasser les 100, le tout dans un bruit de plus en plus pesant. D’ailleurs, à côté du compteur de vitesse est présente une montre, sans doute est-ce un clin d’œil des ingénieurs de Volkswagen pour rappeler le propriétaire de la Golf de partir à l’heure ? Car ce n’est pas avec la vitesse que l’on pourra rattraper son retard …

            Autre point qui me chagrine, je trouve que la voiture est sous vireuse sur les quelques routes de campagne que j’ai pu arpenter, et nécessite d’anticiper ses virages. Autrement, la tenue de route de la Golf reste remarquable, la voiture est à l’aise sur les lignes droites, et la direction est plutôt précise en virage. Cette sensation de sous-virage que j’ai pu avoir ne serait-elle finalement qu’une sensation ? Mais déjà, la ville se dessine, un autre terrain de jeu où la Golf, dans sa version 55, pourrait se trouver à l’aise !

               En ville, la voiture s’avère très agile, rond-point, intersections se passent en troisième, le tout sur un petit filet de gaz, le moteur est en effet très coupleux, à défaut d’être fougueux. La direction s’avère cette fois-ci encore plus parfaite, la voiture suit la trajectoire qu’on lui donne sans en dévier. Voiture parfaite en ville ? Presque, seul l’important angle-mort à l’avant du fait du large montant peut gêner, et demande un peu plus de vigilance, notamment aux abord des passages piétons et autres intersections. D’ailleurs, la position de conduite, très à gauche comme j’ai pu le mentionner, est assez déroutante aux premiers abord du fait du montant qui coupe une partie gauche du champ de vision, mais c’est à ce prix que l’on a la sensation de se sentir dans une grande voiture.

           Au final, en guise de conclusion, la Golf II dans sa version 1300 avec boite 4 peut permettre de débuter dans la Golf à moindre coup, et sans prendre le risque d’y laisser son permis, sauf à cruiser sur de longues lignes droites … Mais de là à devenir « collectionnable », il y a peut être un pas, entre l’équipement dérisoire comparé aux modèles plus « haut de gamme », et la 55, si elle est une bonne voiture, ne marque finalement pas. Peut-être faudra-t-il trouver un modèle plus puissant …

Volkswagen Golf II 55

Les +
_ côte faible
_ fiabilité
_ confort

Les -
_ image encore floue
_ moteur mou
_ coût de certaines pièces
_ consommation

Volkswagen Golf II (6)

Futur collector ?

          L’image de la Golf II est encore un peu floue, entre modèles tunés, ceux qui ont mal vécu faute d’entretien, trouver un bel exemplaire sur le marché est chose peu aisée. Mais tout n’est pas perdu pour cette génération de Golf, rappelez-vous, il y a encore de ça 5 à 10 ans, personne n’aurait mis un billet sur une Golf I, aujourd’hui, mythe oblige, l’intérêt réapparait. Alors certes, pour la seconde génération, il faudra encore attendre quelques années, mais son nom, à coup sûr, permettra à la voiture de bénéficier d’un regain d’intérêt; à moins qu’elle ne reste le parent pauvre entre la première et troisième génération. En attendant, la chasse aux beaux exemplaires est ouverte afin de les conserver, ou pour rouler dans une voiture fiable, confortable, pour un prix d’achat réduit. Mais attention, il ne faudra pas négliger l’entretien, et le sujet peut être douloureux quand il faut rechercher une pièce spécifique d’origine ! Mais certainement, la Golf II devrait être l’un des youngtimers en vogue de demain !

       Remerciements à Ludovic A. du Relais de l’Auto Ancienne à Limoges pour le prêt de cette voiture le temps d’un « shooting photos » et de cet essai. 

7 réflexions au sujet de « Volkswagen Golf II – 1989 »

  1. j’ai une golf 2 C 54 cv 6 cv fiscaux j’aimerai la vendre elle a 32 ans intérieur extérieur carrosserie impeccable sièges, banquette.. combien je pourrai en tirer à votre avis ?

  2. La Golf 2 est une excellente voiture, une incroyable machine à avaler les kilomètres, aussi bien en diesel qu’en essence, j’ai conduit il y a 16 ans, la version 1300 55cv en boîte 4, une Golf « Travelling » rouge 5 portes de 1990, très agréable à conduire mais assez bruyante sur autoroute et gourmande si l’on a le pied au plancher on peut dépasser les 10L/100 !

    Aujourd’hui, je possède toujours une Golf 2 essence, mais plus puissante, une « 90S », 3 portes de 1987, donc la phase 1 avec les 6 barrettes sur la calandre à 4 phares (option d’époque) et les déflecteurs fixes sur les portières, couleur Atlasgraumetallic.
    C’est la version 1,8l, le même bloc que la GTI mais avec un carburateur double corps Pierburg 2E2, elle fait donc 90cv et a une santé de fer avec ses 116.000 km d’origine.

    C’était la version « carbu » haut de gamme de cette époque, au dessus c’était la GTI et GTI 16V, la version 1,8l a aussi existé en version « Syncro » 4 roues motrices.

    C’est une excellente routière, la boîte « 4+E », permet de rouler à 130 km/h sans dépasser les 10l au 100, elle est très silencieuse en comparaison avec la « petite » version 1300 seulement dotée de 4 vitesses, elle a de la reprise et reste très nerveuse même si ce n’est pas une GTI !!

  3. Bel engin de son époque. Il faut dire que la vitesse n’est pas son fort comme vous le dites, mais on est d’accord pour dire que la Golf II 55 a marqué son époque. Article très bien écrit. Je vous félicite.

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