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Renault 18 (1978-1986)

              En 1978, la Renault 12 a vécut, il est désormais temps pour la Régie Renault de dévoiler sa remplaçante : la Renault 18. Berline conventionnelle à trois volumes présentant une ligne moderne, la R18 reste toutefois très classique sur le plan technique avec comme objectif de conquérir le monde… 

Renault 18 GTL

            Avec sa Renault 12 dévoilée en 1969, Renault terminait de convertir sa gamme au tout à l’avant avec une petite berline qui remplaçait la Renault 8, et dont l’objectif était de s’immiscer sur le créneau porteur des petites berlines familiales tant en France qu’à l’export (lire aussi : Renault 12). La R12 confirma rapidement être un succès commercial, poussant la Régie à réfléchir au coup d’après en lançant dès janvier 1971 le « projet 134″, dont le cahier des charges fut relativement simple : refaire une voiture-monde capable de répondre aux attentes du consommateur de demain.

Renault 18 prototype (1)

Maquette à l’échelle 1 du projet 134 (1973)

              Les études de la Renault 18 iront bon train, on décide de reprendre la base de la Renault 12 et d’y coller une carrosserie moderne. Le style général de la voiture est gelée au cours de l’année 1974, les détails tout comme l’habitacle seront quant à eux déterminés aux cours de l’année 1975. La voiture part alors en tests intensifs pour déterminer les points à corriger, puis la production des premières unités démarre courant décembre 1977. La présentation de la Renault 18 est effectuée lors du salon de Genève en mars 1978 et la commercialisation débute courant avril 1978 au sein du réseau Renault.

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                   D’un point de vue technique, on retrouve les principales caractéristiques de la Renault 12 sur la nouvelle venue : roues avants indépendantes, essieu arrière rigide,  freinage à disques à l’avant et tambours à l’arrière, empattement de 2,44m. Mais par rapport à sa devancière, la R18 se démarque par une meilleure habitabilité et un coffre aux capacités plus grandes (390cm3). La carrosserie, oeuvre de Gaston Juchet, est moderne mais aussi très consensuelle, il s’agit de plaire au plus grand nombre après l’échec de la Renault 14 lancée quelques années plus tôt, mais aussi de rassurer la clientèle en ces heures post crises pétrolières.

Renault 18 GTS

               Lors de son lancement, la Renault 18 est disponible en quatre versions qui doivent permettre à la clientèle de trouver son modèle :  l’entrée de gamme est composé des TL et GTL équipées du Cléon-Fonte de 1.397cm3 pour 64Ch, au-dessus, on trouve les TS et GTD avec le Cléon-Alu de 1.647cm3 pour 79Ch à l’équipement plus complet. Une boite automatique est disponible en option dès le début de carrière de la voiture. Couplé à un fort tapage médiatique qui fait la part belle aux ambitions mondiales de la voiture, la Renault 18 fait un très bon démarrage commercial.

Renault 18 break ph1

              En 1979, la gamme R18 est complétée par l’arrivée d’un break puis, en 1980, avec l’arrêt de la R12, est lancée une R18 L (ou R18 tout court en break) qui joue les entrées de gamme : équipé du moteur des TL/GTL, le tableau de bord est réduit à sa plus simple expression, sans console, et l’équipement est plus sommaire. Cette même année, la R18 Automatic devient un modèle à part entière, réalisé sur une base TS améliorée.

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                L’année 1981 est marquée par l’arrivée des R18 Diesel au cours de l’été, disponibles en finition TD et GTD qui attireront nombre de clients grâce aux incitations fiscales. Aussi, les effets de la crise pétrolière étant digérés par la clientèle, Renault en profite pour dévoiler en septembre la R18 sportive, répondant au nom de R18 Turbo dont la puissance décolle à 110Ch. Disponible uniquement en berline dans un premier temps, la R18 Turbo est dotée d’un moteur de 1.565cm3 issu de la R16 TL, gavé par un Turbo Garrett, elle se distingue extérieurement par ses spoilers et son becquet sur la malle arrière, ou encore ses jantes alu et son autocollant « Turbo » en bas des portières.

            L’année 1982 se passe sans grands changement si ce n’est sur les dénominations ou les clignotants qui passent au blanc, la R18 confirme comme étant l’une des berlines les plus vendues en France mais la concurrence a affuté ses armes, notamment Citroën avec sa BX ou Ford avec sa Sierra. Cela pousse Renault à faire évoluer son offre, sur la version GTL, le moteur 1,6 litres est désormais disponible mais dégonflé pour rester dans la catégorie des 7CV fiscaux. 1983 voit l’arrivée d’un nouveau moteur sur la version Turbo dont la puissance est désormais de 125Ch, désormais disponible en version break. Enfin, c’est également en 1983 qu’apparaissent les R18 4×4 et la série limitée American avec sa teinte bicolore (lire aussi : Renault 18 American).

              Sur le millésime 1984 apparait la R18 GTX qui s’équipe d’un moteur de 2,0 litres pour 104Ch, suivie de la R18 Turbo Diesel disponible courant janvier 1984. Au mois de mars, la Renault 18 subit un léger restylage, désormais appelée R18 Type 2, la voiture se distingue avec une nouvelle calandre, son becquet proposée de série, ses baguettes latérales plus larges et son intérieur légèrement revu. Peu de changements viennent affecter la gamme R18 au cours de l’année 1985 si ce n’est l’apparition du Break 4×4, il faut dire que Renault prépare alors sa remplaçante, la Renault 21 (lire aussi : Renault 21) dont le lancement s’effectue en fin d’année 1986. Dès lors, la gamme de la Renault 18 est simplifiée dès l’été 1985 (millésime 1986) et tous les modèles répondent au nom de « Gala ».

             En Europe, la carrière de la Renault 18 s’arrête avec le lancement de la R21 en 1986, mais dans l’autres pays, et notamment en Amérique du Sud, la voiture y fut commercialisée jusque dans les années 1990 (1994 pour l’Uruguay). Notons que la R18 a participé à la politique mondiale de Renault en étant commercialisée en Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada) sous la dénomination R18i pour la berline (moteur 1,6 litres injection pour 86Ch) et Sportwagon pour la break. La voiture fut également commercialisée au Maroc, Cote d’Ivoire ou encore en Australie…

Renault 18 gala break

                Produite à 2.028.964 exemplaires, la Renault 18 reste un beau succès commercial pour la Régie Renault, la voiture s’est rapidement effacée du parc automobile européen, victime des primes à la casse des années 1990 après une vie souvent bien remplie. Aujourd’hui devenue rare, la Renault 18 est un modèle à redécouvrir, et capable de refaire vivre les souvenirs des années 1980 à nombre de passionnés…