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Renault 25 (1984-1992)

       1984, la Régie Renault renouvelle son haut de gamme puisque cette année voit apparaître les R25, Alpine GTA et l’Espace. C’est la R25 qui ouvre le bal,  nouvelle berline haut de gamme dont les ambitions sont d’aller tenir la dragée haute aux rivales allemandes, rare succès de Renault sur ce segment… 

Renault 25 (1)

           Depuis que Renault est devenue Régie Nationale en 1945, le constructeur a un profond problème avec le haut de gamme et enchaîne deux échecs consécutifs avec la Frégate puis la Rambler, si bien qu’on abandonna un temps ce créneau pour laisser la Renault 16 au sommet de la gamme pendant 10 ans. En 1975, Renault y revient timidement avec la Renault 30 qui partage sa caisse avec une Renault 20 succédant à la Renault 16, seule une meilleure finition et le V6 PRV permet de faire la distinction. L’investissement ainsi partagé sur deux modèles permet de limiter la casse en cas d’échec, Renault arriva à couler 136.000 R30 sur une période de sept ans. Pas si mal mais peut mieux faire, surtout à l’export…

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Succès d’estime en France pour la R30, mais elle rate l’export…

               A la fin des années 1970, Renault demande à son bureau d’études de plancher sur une remplaçante pour duo R20/30. Les premières esquisses sont rendues à la fin de l’année 1977, un cahier des charges est rédigé au premier semestre 1978. L’étude du futur haut de gamme Renault des années 1980 est lancé et naviguera en eaux troubles jusqu’à la fin, la direction étant hésitante entre une berline à trois volumes pour conquérir les marchés internationaux, ou rester fidèle à la politique maison du hayon. Rappelons qu’à cette époque, Renault avait des ambitions mondiales, l’alliance avec AMC devait permettre la conquête des Etats-Unis où un haut de gamme aurait sa place…

                 Renault met en compétition ces deux bureaux d’études pour le projet 129 (ou X29), celui de Nanterre mené par Jacques Nocher, planche sur une berline tricorps, et le bureau de Rueil-Malmaison dirigé par Gaston Juchet qui tente la berline bicorps. L’équipe de Nocher met au point la maquette « Rafale », pendant que l’équipe de Juchet met au point la « Bicaéro » équipée d’une lunette en forme de bulle (élément qui était adopté sur la Fuego dont la commercialisation allait être lancée en 1980). Si le designer en chef Robert Opron a une préférence marquée pour la Rafale, c’est finalement la maquette Bicaéro qui est retenue début 1980. Notons que Renault avait également fait appel à Marcello Gandini dont la proposition fut rejetée.

R25 prototype

              Gandini se rattrape en 1981 avec sa proposition de tableau de bord qui est préférée à celles des équipes Renault, à leur grand désarroi  puisqu’elles y travaillaient depuis le lancement du projet. 1981 voit également le style extérieur figé dans ses grandes lignes, la future Renault 25 offre une ligne de compromis : si elle adopte le hayon, elle peut sous certains angles prendre la forme d’une berline à trois volumes grâce à sa bulle, élément de style utilisé à la perfection sur cette voiture.

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              Dévoilée en avant-première en décembre 1983, la Renault 25 fait ses débuts dans le cadre du salon de Genève 1984, elle devient le porte étendard du losange (notons que l’année 1984 voit également arriver l’Espace et l’Alpine GTA). Renault affiche ses ambitions avec la R25, aller déloger les berlines allemandes, son dessin bien à elle permet de la distinguer au premier regard, elle offre en outre un Cx de 0,28, un record pour une berline haut de gamme, effaçant des tablettes l’Audi 100.

           La gamme R25 est construite de sorte à proposer deux voitures, une berline familiale pour les familles (moteur quatre cylindres essence ou Diesel) et une berline haut de gamme (équipée de V6). Dans le détail, la R25 TS (ou TD en Diesel) ouvre le catalogue, version offrant surtout un prix d’attaque. Suit la GTS (ou GTD) mieux lotie avec direction assistée et vitres avant électriques. La R25 GTX (Turbo D et Turbo DX) offre de série l’ordinateur de bord à synthèse vocale, en option la sellerie cuir, régulateur de vitesse et climatisation. Enfin, la V6 injection ferme la marche en proposant tout le raffinement de l’époque : ABS, fauteuils électriques… Quelques options permettent de disposer d’un toit ouvrant ou d’antibrouillard.

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                Sous le capot, la R25 de base (TS et GTS) proposait le quatre cylindres « Douvrin » de 2,0 litres, alimenté par carburateur pour une puissance de 103Ch. La GTX s’offrait le même moteur dans sa version 2,2 litres, injection et 8 soupapes pour une puissance de 123Ch. Le V6 PRV injection de 2,7 litres et 12 soupapes équipe la version haut de gamme et offre 144Ch.  Pour l’offre Diesel, il s’agissait d’un quatre cylindres en ligne de 2,1 litres pour 64Ch pour les TD et GTD, gonflé par un turbo pour les versions Turbo D et DX avec 84Ch.

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La R25 Limousine développée par Heuliez

                   La gamme R25 est complétée avec une version V6 Turbo à partir de mai 1985, le V6 PRV dans sa configuration 2,5 litres offre 182Ch; cette même année, une R25 Limousine est rajoutée au sommet de la gamme pour jouer les voitures d’apparat, une version réalisée en collaboration avec Heuliez qui rallonge la R25 de quelques centimètres. Cette version, développée pour les besoins de la Présidence de la République française, ne fut pas un succès commercial, si bien que le modèle est stoppé en juin 1986. Les chiffres de vente de la Renault 25 sont bon, au premier semestre 1986, le 300.000ème exemplaire sort d’usine, l’occasion d’une série limitée « GTX-ABS » de 1.500 exemplaires. Une seconde série nommée « Manager » arrive en 1987 avec 3.000 exemplaires.

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                La Renault 25 affiche de bons chiffres de ventes, pourtant, son début de carrière fut mouvementé : une grève paralyse l’usine de Sandouville quelques semaines après le lancement de la Renault 25, allongeant les délais de livraison. Aussi, il s’avéra que la Renault 25 souffre de problèmes de fiabilité : si mécaniquement il y a peu de choses à reprocher à la voiture, c’est la partie électronique qui laisse à désirer, obligeant les propriétaires à de nombreux passages en concessions. Le succès de la Renault 25 est du au marché français, sur lequel la voiture arrive au bon moment, un an après l’arrêt de la Talbot Tagora, elle donne un coup de vieux à la Peugeot 604 qui n’avait plus que deux ans à tirer. Seule restait la Citroën CX, commercialisée depuis dix ans, la R25 imposa à Citroën son restylage en 1985.

                Avec l’arrivée de la CX restylée, et des ventes à l’export en dessous des attentes, la Régie Renault lance en juin 1988 une R25 restylée, et à la fiabilité améliorée. Il faut dire que Raymond Lévy, président de Renault depuis 1987, avait publiquement critiqué le fait que sa R25 de fonction allait tout les mois en révision. La R25 phase 2 renouvelle la ligne de la voiture avec un capot débordant sur la calandre, elle aussi modifiée. La face arrière reçoit de nouveaux feux abandonnant la découpe en biseau pour devenir lises et afficher deux teintes (rouge et noir). Inutile de dire que ce restylage arrive au bon moment puisqu’en 1989, la Renault 25 compte deux nouvelles rivales : Citroën XM et Peugeot 605.

Renault 25 V6 Baccara (1)

             Quelques mois après le lancement de la R25 phase 2, Renault dévoile la finition Baccara qui chapeaute la gamme, et doit faire oublier la R25 Limousine. Avec la volonté d’affronter les berlines germaniques, la R25 Baccara dispose d’un équipement très fourni : cuir de qualité recouvrant les fauteuils, placages en bois, climatisation, quatre vitres électriques, radio avec minichaîne… En fait, la Baccara proposait de série toutes les options alors disponibles, à l’exception du toit ouvrant et de la boite automatique. A ses débuts, la Baccara n’est disponible qu’en V6 Injection.

Renault 25 V6 Turbo Baccara

La R25 V6 Turbo Baccara, le sommet de la gamme

               En 1990, Renault revoit la copie de sa R25 V6 Turbo, la puissance passe alors de 182 à 204Ch. A cette occasion, la version Baccara devient disponible avec ce moteur, la V6 Turbo Baccara devenant alors le nec plus ultra de la gamme. Reconnaissable par ses jantes alliage BBS, on estime à environ 3.000 le nombre de V6 Turbo Baccara. Dans le même temps, Renault multiplie les séries spéciales et limitées sur la R25 pour stimuler les ventes : Auteuil et Camargue en 1989, Méribel et Fairway en 1990, Beverly et Courchevel pour le millésime 1991…

            Début 1992, Renault prépare la relève de la R25 et présenta dans le cadre du salon de Genève la Safrane. Dernier fait d’armes de la voiture, une série limitée nommée « Olympique 92″, soulignant  le partenariat de Renault avec les jeux Olympiques d’hivers d’Albertville 1992. Le 13 février 1992, la production de la 25 s’arrête après 779.687 exemplaires, c’est sensiblement mieux que le duo R20/R30 mais le succès de la 25 n’est du, en grande partie, qu’au seul marché français. La page de la R25 se tourne alors, l’histoire fera de la R25 le haut de gamme Renault le plus vendu, puisque suivent le semi-échec de la Safrane et le bide de la Vel Satis…

Sources
_ Renault Classic
_ "Gazoline"n°274, février 2020