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De Dion Bouton La Marquise (1884)

               L’histoire des premières automobiles est passionnante, l’homme a longtemps cherché un moyen de se mouvoir qui s’affranchirait de la force humaine ou animale. Grâce à de nombreux inventeurs, l’automobile a pu naître bien avant le moteur a explosion, preuve en est avec la De Dion Bouton La Marquise datant de 1884. 

De Dion Bouton La marquise (1)

                L’automobile n’a pas attendue l’invention du moteur a explosion pour apparaître, preuve en est avec le Fardier de Cugnot qui fut le premier véhicule automobile dont les essais sont attestés. En 1770, le seul mode de propulsion pour un tel véhicule était la vapeur, que l’on retrouve d’ailleurs sur diverses automobiles durant les années 1800. Mais passons directement à l’entreprise De Dion Bouton, celle-ci fut fondée en 1883, l’histoire raconte que le comte Jules-Albert De Dion fut fasciné en décembre 1881 par un jouet, une petite locomotive à vapeur fonctionnelle, réalisée par un certain Charles Armand Trépardoux et un Georges Bouton.

               La rencontre entre ces trois hommes a lieu, Bouton et Trépardoux présentent leur projet de chaudière pour véhicule léger. De Dion, passionné par tout ce qui touche à la force mécanique, décide de financer ce projet. L’entreprise « Trépardoux et Cie » est fondée en 1882, la mise au point d’une chaudière prend de long mois avant de voir apparaître les premiers véhicules : un tricycle De Dion en 1883, suivie d’un quadricycle en 1884 : la De Dion Bouton La Marquise.

De Dion Bouton La marquise (2)

             Ce quadricycle est le second véhicule de la jeune entreprise et est bien plus sophistiqué que leur premier tricycle. Tout d’abord, la De Dion Bouton La Marquise possède deux roues motrices à l’avant (La traction existait bien avant les années 1930 !) dont le diamètre était plus grand que celui des roues arrières. Pour mouvoir ce petit véhicule, un moteur bicylindre à vapeur crée le mouvement, et le transmet aux roues au travers d’une transmission par courroie qui a tendance à patiner, mais qui fait tout de même avancer la voiture.

              La chaudière est alimentée par du charbon, du bois ou du papier selon les disponibilités de son propriétaire, mais la voiture n’est pas fonctionnelle de suite : une bonne demi-heure est nécessaire pour que la chaudière soit à sa température de fonctionnement. Une fois celle-ci atteint, la Marquise peut s’élancer sur les routes, elle aurait atteint la vitesse de 60km/h en 1887 lors d’une course de démonstration qui voit la voiture parcourir 30km à la vitesse moyenne de 40km/h, avec Georges Bouton comme pilote. Cet exploit, réalisé entre le pont de Neuilly et le bois de Boulogne pourrait être la première course automobile… si Georges Bouton n’avait pas été le seul participant !

De Dion Bouton La marquise (3)

               La Marquise de De Dion Bouton arrive à une époque où l’automobile n’était encore qu’au stade d’embryon, si la chaudière permet d’atteindre de bonnes performances, tout le reste est à inventer pour donner à la voiture une tenue de route qui permettraient d’exploiter correctement cette puissance : la voiture n’est pas équipée de suspension, le pneumatique n’est alors qu’un doux rêve et dispose seulement de roues métallique à ses débuts, qui sont ensuite bandées de caoutchouc. Ces roues avaient été réalisées par l’entreprise de vélos Renard Frères qui était toute proche des ateliers de Trépardoux et Cie. Quant au châssis, celui-ci avait été réalisé à partir de tubes en acier, une solution que De Dion-Bouton conserva durant de longues années.

                  L’automobile allait naître, le moteur a explosion est inventé quelques années plus tard, le comte De Dion s’intéresse à cette invention et met son entreprise sur le développement d’une telle motorisation, qui provoqua le départ de Trépardoux en 1893. La dénomination devient De Dion-Bouton à partir de cette année, le constructeur allait devenir l’un des plus importants au monde jusque dans les années 1900. Quant à La Marquise, cette voiture a été conservée et est encore aujourd’hui en état de fonctionnement, mais ce n’est pas la plus ancienne voiture encore existante : le fardier de Cugnot existe encore, tandis qu’un véhicule à vapeur anglais de 1875 est encore en état de rouler aujourd’hui.

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