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Alda : l’histoire de la marque

            Au début du XXème siècle, l’automobile est un marché alors naissant qui voit fleurir de nombreux constructeurs tenter leur chance. En 1912, Fernand Charron, déjà bien connu dans l’univers de l’automobile française lance sa propre marque, Alda…  

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             Fernand Charron, né en 1866 d’une famille modeste, se passionne pour les cycles dont il devient un coureur et champion dans les années 1880, il remporte de nombreux prix qui le font connaitre du milieu puisqu’il devient l’importateur pour la France des cycles anglais Humbert à partir de 1891. Du vélo à l’automobile, il y avait à l’époque qu’un pas à franchir, Charron devient pilote automobile dès 1896 et remporte, là encore, de nombreuses victoires, dont la Coupe Gordon Bennett 1900. En 1901, Charron devient constructeur automobile en s’associant avec deux anciens cyclistes devenus pilotes pour fonder Charron, Girardot et Voight (C.G.V.).

             La marque C.G.V. s’établit en France, 1906 marque le départ de Girardot mais l’arrivée d’investisseurs anglais, l’entreprise prend alors le nom commercial de Charron. En 1907, Fernand Charron épouse l’une des filles d’Adolphe Clément, lui aussi constructeur de cycles et d’automobiles, il prend la tête des usines Clément-Bayard, le poussant à démissionner des automobiles Charron et revendre ses parts. Roulant désormais pour la firme de son beau-père, l’entente entre les deux hommes dure jusqu’au début des années 1910. A force de divergences, Fernand Charron décide de reprendre sa liberté courant 1911.

Alda - Ils en sont revenus - Publicite Automobile de 1913

           Bien décidé à rester dans le monde de l’automobile, Fernand Charron décide une nouvelle fois de se mettre à son compte et produire ses propres automobiles, sa fortune personnelle, ses compétences et son carnet d’adresses lui permettent. Mais Charron ne part pas seul, il s’associe avec Pierre Azaria, fondateur de la Compagnie Générale d’Electricité qui lui amène des capitaux. Reste à trouver un nom pour ce nouveau constructeur, la marque Charron n’est plus disponible puisque appartenait à la C.G.V., ce sera Alda, acronyme de « Ah ! La Délicieuse Automobile ». Lancement commercial en 1912, avec une usine située à Courbevoie.

Alda

                La gamme d’Alda va être très simple, sur la base d’un unique châssis développé par Fernand Charron, la marque propose deux voitures : une dans la catégorie des 15 HP, et une seconde dans les 25 HP. Le client dispose d’un choix entre un moteur à soupapes latérales ou encore un moteur type Henriod à distributeur rotatif, dont la licence a été achetée par Fernand Charron. Ce dernier ne donnant pas satisfaction, il fut rapidement abandonné.

              La première voiture dans la gamme Alda est donc la 15 HP, celle-ci s’équipe d’un à quatre cylindres jumelés (une technique archaïque pour l’époque) à trois paliers, alimenté par un carburateur Solex andis que les équipements électriques proviennent de chez Bosch. La suspension arrière est de type elliptique, les amortisseurs hydraulique proviennent de l’équipement Houdaille. Quand au refroidissement, il est assuré par un radiateur situé à l’arrière du moteur, permettant à l’Alda de s’équiper d’un capot profilé. Au-dessus de la 15 HP, Alda proposait la 25 HP réalisée sur la même base, avec une mécanique plus puissante.

Alda - Constructeur Fernand Charron - Pub papier de 1913

              Compétiteur dans l’âme,  Fernand Charron engage ses Alda en compétition automobile dès 1913 avec une participation au Grand Prix des Voiturettes de Boulogne, suivit en 1914 par une participation au Grand Prix de France de l’ACF, mais les voitures ne brillent pas, pire, elles ne terminent pas les épreuves. Aussi, si une Alda était inscrite à la Targa Florio 1914, la voiture ne se présente pas au départ de l’épreuve. En fin d’année 1914, la Première Guerre Mondiale stoppe la production automobile, l’usine Alda est réquisitionnée et mise au profit de l’effort de guerre.

               Alda réapparait en 1919 mais son associé des débuts, Pierre Azaria, quitte rapidement l’aventure, inquiet du train de vie fastueux de Charron et de ses ambitions en compétition automobile. D’autres investisseurs prennent sa place, non issus du monde de l’automobile, ils donnent carte blanche à Fernand Charron. Il prépare notamment une voiture à moteur latéral sur la base du châssis 1914, mais aussi un modèle à vocation sportive dérivé des voitures de compétition de 1914. En attendant, la production redémarre avec les stocks restant de 1914.

Alda 1921

                En 1920, Alda présente une nouvelle voiture, la 20HP, équipée d’un moteur quatre cylindres 90 X 140mm, à arbre à came en tête. Dévoilée lors du salon de l’automobile de Paris de la même année au côté de l’illustre 15HP, la presse ne fait pas grand bruit sur cette nouvelle venue. La voiture n’a, semble-t-il, pas été commercialisée, Alda conservant la seule 15HP dans son catalogue. Avec une production artisanale réalisée à l’unité, Alda survit tant bien que mal jusqu’en 1922, la production de ce constructeur est limitée à quelques dizaines d’unités seulement.