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Austin Montego (1984-1995)

            Dans la tentative de refonte du groupe British Leyland, Austin lance dans les années 1980 de nouveaux modèles pour conquérir le marché. Après la Metro qui réussi sur le segment des citadines, arrive en 1984 une berline populaire commercialisée sous le nom Montego… 

Austin Montego (1)

             A l’aube des années 1980, le groupe British Leyland connait une importante crise, causée par les défauts des véhicules commercialisés sous les multiples marques du groupe, on peut notamment citer l’Austin Allegro qui participa à écorner l’image du groupe. Toutefois, British Leyland semble décider à tourner la page et permet à la marque Austin de se renouveler : 1980 voit apparaitre la petite Metro (lire aussi : Austin Metro) qui vise le marché convoité des citadines, puis quatre ans plus tard, le duo Maestro/Montego vise des segments porteurs en termes de ventes.

                 Présentée en avril 1984, la Montego est la nouvelle berline familiale d’Austin, et au-delà même de cette marque, d’une grande partie des berlines du groupe British Leyland puisqu’elle remplace au pied levé la Morris Ital, Austin Ambassador et Allegro. A la base de la Montego, on trouve le projet LC10 lancé en 1977 qui devait doter British Leyland d’une voiture comparable à la Golf : la Maestro. Et comme nombre de constructeurs de l’époque, on y rajoute une variante à coffre pour donner naissance, avec peu de frais, à une berline.  Ainsi est mis en route le projet LM11 qui, s’il utilise la même base, s’écartera des développements de la future Maestro. Dans le viseur de la Montego, les Vauxhall Cavalier et Ford Sierra avaient du soucis à se faire… Du moins le pensait-on chez Austin-Rover, nouveau nom du groupe British-Leyland.

Austin Montego (5)

          Pour faire de la Montego un succès, on dote la voiture d’une carrosserie consensuelle, presque banale mais dotée d’une petit quelque chose britannique, peut être l’excentricité de sa lunette arrière qui déborde amplement sur les côtés. Malgré l’ajout d’un coffre, la ligne générale de la Montego reste équilibrée, notamment en raison d’un empattement plus long que sur la Maestro, peut-être aussi parce que la Montego s’écarte intelligemment des lignes de la Maestro pour enlever, au premier coup d’oeil, leur lien de parenté.

Austin Montego (2)

             Aussi, pour attirer le chaland, Austin dote la Montego d’une large gamme de motorisations. Au bas du tableau, un quatre cylindres de 1,3 litres propose 68Ch, au-dessus, une version 1600cm3 propose 86Ch, plus convenable pour mouvoir correctement cette petite berline. Enfin, au sommet de la gamme est présent un 2,0 litres qui développe 104Ch en version carburateur, 115 avec l’injection. Outre le large choix de mécaniques, Austin décline la Montego en quatre finition, de la basique L et son équipement minimaliste à la luxueuse Vanden Plas.

Austin Montego break (1)

                  Rapidement, la gamme Montego s’enrichit avec l’arrivée de la version break dévoilée en Octobre 1984. Si la berline était déjà généreuse en terme de volume de coffre, ce n’est finalement rien à côté du break. Enfin, en 1985, la Montego se décline en version sportive commercialisée sous le badge MG, la voiture s’équipe d’un moteur 2,0 litres turbocompressé proposant 150Ch et permettant une vitesse de pointe (théorique) au delà des 200km/h (lire aussi : MG Montego Turbo).

MG MONTEGO TURBO (5)

                    Sur le plan commercial, la MG Montego s’en sort plutôt bien en intégrant le top 10 des voitures les plus vendues au Royaume-Uni, cependant, les chiffres demeurent en dessous des espérances d’Austin, et finalement, la Montego n’inquiéta que peu les Ford Sierra et Vauxhall Cavalier. Pire, au sein du groupe Austin-Rover, la Montego est concurrencée par l’arrivée des voitures japonaises rebadgées, c’est le cas de la Triumph Acclaim (lire aussi : Triumph Acclaim) et de la Rover 200 première du nom, toutes deux présentées en 1984 et dérivant de la Honda Ballade. Mieux finies, plus fiables mécaniquement, ces dernières s’imposent rapidement sur le marché.

Montego 1989

                 En 1988, gros chambardement, la marque Austin est abandonnée, laissant la seule marque Rover survivre. Mais la Montego n’a pas le droit d’intégrer la marque Rover, elle est alors commercialisée sous le seul nom Montego et fait office d’entrée de gamme du groupe Rover. Une version Turbo Diesel à injection apparait alors, avec ses 81Ch, la voiture se démarque et arrive à trouver des clients en France. En 1989, la Montego subit un léger restylage qui modernise sa face avant, la version break s’enrichit de deux places dans le coffre, dos à la route, pour lutter contre l’arrivée des monospaces.

Austin Montego (4)

              En 1992, quand Rover dévoile sa nouvelle berline, la 600, dont la ligne est très moderne, la Montego semble dès lors condamnée, mais la voiture fit de la résistance et fut proposée jusqu’en 1995. Au final, l’Austin Montego aura eu une carrière honnête mais loin des espérances. Lors du lancement de la voiture, les cadres d’Austin pensaient dur comme fer à la réussite de la voiture et planifiaient d’investir les bénéfices obtenus par la voiture dans la conception d’une nouvelle berline… Austin disparaitra quatre ans plus tard.

Austin Montego Break

                   Avec 571.000 exemplaires commercialisés sur onze millésimes, la Montego s’est principalement vendue au Royaume-Uni qui prend 77% de la production du modèle, là-bas, la voiture aura rapidement l’image d’un produit que l’on jette après son utilisation. A l’exportation, la Montego a connu un petit succès d’estime en France, sa carrière fut discrète dans le reste de l’Europe continentale. Enfin, pour être complet, on retrouve la Montego en Nouvelle-Zelande, en Inde, mais également en Chine où la voiture connait une carrière prolongée par le biais de FAW puis Etsong…