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Opel Arena (1997-2001)

          Renault a longtemps fait cavalier seul sur le marché de l’utilitaire, avant de trouver un partenariat à la fin des années 1990 avec Opel. Le premier acte de cette alliance fut l’Arena, un Trafic rebadgé Opel en Allemagne et Vauxahll au Royaume-Uni… 

Opel Arena (4)

        Dans les années 1980, Renault est l’un des leaders du marché de l’utilitaire avec sa doublette Trafic-Master dont les multiples variantes couvrent une très large partie de la demande venant de la clientèle professionnelle. Derrière ce succès, la position de Renault n’est pas des plus favorables sur ce segment, le constructeur français apparait isolé à une époque où naissent des alliances pour concevoir les utilitaires de demain. En effet, le marché du fourgon est plus réduit que celui de l’automobile (en 1990, il se vend en Europe occidentale un fourgon pour dix automobiles) et la rentabilité n’est pas forcément assurée, partager les frais entre constructeurs permet de partager les frais et d’amortir un programme sur davantage de véhicules. C’est notamment le cas de la première alliance constituée par Fiat et Peugeot-Citroën, initiée en 1978 pour mener au trio C25-J5-Ducatto, commercialisé à partir de 1981 et qui vient tailler des parts du marché au Trafic à peine un an après son lancement.

RENAULT TRAFIC I (6)
Le Trafic I dans sa dernière version sert de base à l’Opel Arena

              A la fin des années 1980, Renault commence à envisager le remplacement de ses Trafic et Master, concernant ce dernier, on frappe à la porte de Volkswagen qui doit également envisager un successeur au LT. Volkswagen préféra s’unir avec Mercedes pour conclure un échange d’organes mécaniques, par dépit, Renault s’allie avec DAF en 1989 pour lancer le programme Excel qui doit remplacer le Master ainsi que les versions 1.400kg du Trafic, et la gamme 200-400 du constructeur néerlandais. Pour le reste de la gamme Trafic, Renault reporte tout investissement dans un remplaçant. Pire, en 1992, DAF lâche Renault qui est alors contraint d’assumer seul le développement du futur Master et se retrouve sans crédit à affecter au Trafic, Renault songe alors à acquérir un petit fourgon auprès d’un autre constructeur pour le commercialiser dans son catalogue.

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               Le salut du Trafic vient de General Motors, dont la filiale européenne composée d’Opel et Vauxhall cherche à repénétrer sur le créneau des utilitaires, dix ans après le terme du partenariat avec Bedford à la fin des années 1980. En décembre 1996, Renault et Opel-Vauxhall signent un partenariat qui porte sur trois volets : General Motors aide  Renault à financer le développement du futur Trafic qui sera également commercialisé chez Opel (le Vivaro), rachète une part de la production du nouveau Renault Master à venir pour le commercialiser sous le blason Opel. Il en fut de même concernant le Trafic d’alors, que l’on retrouve dès 1997 dans la gamme Opel et vendu sous le nom Arena. Toutefois, pour ne pas faire d’ombre au Trafic en fin de carrière, l’Opel Arena n’est commercialisé qu’en Allemagne et au Portugal, ainsi qu’au Royaume-Uni sous le blason Vauxhall. L’accord inclus même une commercialisation par General Motors du Trafic au Brésil, sous le badge Chevrolet tout comme l’étaient alors les Opel.

           L’Arena permet donc à Opel de remettre un pied dans l’univers de l’utilitaire et de réhabituer sa clientèle, il est également stratégique pour Renault qui, par le biais d’Opel-Vauxhall, écoule des Trafic sur des marchés où la présence du losange était plus marginale. En janvier 1999, le Movano complète la gamme utilitaire d’Opel puis en 2001, l’Arena cède sa place au Vivaro, commercialisé sur l’ensemble des marchés où Opel était présent et entre donc en « concurrence » avec le Trafic. Entre temps, Nissan, par le biais de son alliance avec Renault, participa aux programmes Trafic et Master, permettant de répartir toujours davantage les couts. Quant à la coopération avec Opel, elle continua pendant vingt ans, il faudra le rachat du constructeur allemand par Peugeot-Citroën pour que Renault se retrouve, une nouvelle fois, isolé sur les utilitaires. L’histoire se répète…