Fiat Regata (1983-1990)

                 Le monde automobile oublie rapidement certains modèles, souvent parce certaines voitures sont banales et n’attirent pas foule à leur sortie et restent dans le coin des concession en attendant un discret retrait de commercialisation… La Fiat Regata fait partie de ces voitures, produite entre 1983 et 1990, la Regata a toutefois rencontré sa clientèle puisque plus de 800.000 unités se sont écoulées… 

Fiat Regata (1)

                   Le monde automobile oublie rapidement certains modèles, souvent parce que trop banaux, ils n’attirent pas foule à leur sortie et restent dans le coin des concession en attendant un discret retrait de commercialisation… La Fiat Regata fait partie de ceux-là, produite entre 1983 et 1990, la voiture a toutefois rencontré sa clientèle puisque plus de 800.000 unités se sont écoulées…

                 En, 1978, Fiat présente la Ritmo, une berline compacte à hayon très attendue pour remplacer l’antique Fiat 128 qui fut une très grande réussite commerciale. Dans sa première version, la Ritmo fait débat avec ses pare-chocs au dessin particulier, ce qui conduit en 1982 à un restylage afin que la voiture ne présente une ligne plus sage. Mais en plus de ce travail esthétique, Fiat avait un second projet dans les cartons, celui d’une berline à malle. En effet, Fiat qui est un important acteur du marché automobile européen connait les disparités de la demande selon les pays, par exemple, les pays situés au sud sont plus avide d’une berline à coffre que d’une berline à hayon.

Fiat Regata (4)

                  Mais à cette époque, et malgré le restylage de 1982, le nom « Ritmo » peut provoquer une certaine inquiétude auprès de la clientèle, puisque la qualité de fabrication de la première série n’était pas son point fort et avait pu entacher l’image de la marque; et Fiat n’était pas au meilleur de sa forme financière au début des années 1980. Pour tenter de redorer le blason, la Ritmo tri-corps devra changer de nom, après queles hésitations entre « Elba », « Azur », c’est finalement « Regata » qui est retenu . Cette technique permet aussi de faire au client que la voiture est totalement nouvelle…

              Présentée au cours du salon de Francfort de septembre 1983, la Regata vient prendre la place de la Fiat 131 qui restera toutefois encore deux ans dans le catalogue du constructeur turinois. La voiture a fait l’objet d’une gestation très rapide, le centre de style de Fiat reprend la base de la Ritmo, y greffe un coffre et procède à quelques retouches pour donner à la Regata sa propre personnalité.

                 Par exemple, la Regata reprend les portes de la Ritmo mais avec des poignées rectangulaires, les feux avant sont carrés pour être en phase avec la mode de l’époque, les ailes et le capot ont des dessins différents afin de donner un aspect plus massif à la Regata. Quant à la calandre, elle répond à la nouvelle image de la marque : les feux carrés encadre une calandre en plastique noir. Étonnamment, si l’arrière diffère totalement entre les deux modèles, la Regata reprend les feux de la Ritmo.

              Quant à l’intérieur, Fiat aurait pu se contenter de reprendre celui de la Ritmo, mais quelques modifications y sont apportés, à commencer par les selleries, ou le tableau de bord qui est spécifique à la voiture, même s’il reprend les grandes lignes de la Ritmo. En somme, la Regata vise un marché plus qualitatif que celui de la Ritmo, il faut donc montrer au client un certain effort pour se démarquer de sa base…

                   Enfin, reste à parler des moteurs. Dans ses premiers millésimes, Fiat propose trois moteurs essences ainsi qu’un moteur Diesel pour les gros rouleurs. Pour les moteurs essences, la gamme commence avec la Regata 70, équipée d’un quatre cylindres de 1,3 litres développant 68Ch. Elle est suivie de la Regata 85 et son moteur de 1.498cm3 de 82CV, puis de la Regata 100 avec son 1,6 litres de 100C tout rond. Et pour compléter l’offre, il faut parler de la Régata D et son moteur Diesel de 1,7 litres de 58Cv. En somme, la Regata reprend une bonne partie des mécaniques de la Ritmo, exceptés le petit 55Cv et celui de la 130TC.

                Et pour être totalement complet, il nous faut parler des versions ES pour « Energy Saving ». En effet, Fiat prenait compte des considérations environnementale et déclinait la Regata 70 en version ES afin d’économiser au maximum l’essence : appendices aérodynamiques spécifiques, un système stop&start nommé Citymatic, un allumage totalement électronique et un taux de compression revu à la hausse. Fiat annonce jusqu’à 10% d’économie par rapport à la Regata 70 de base.

                Lors de sa présentation, la Regata présentait deux finitions : Normale et Super. La Normale avait une présentation simplifiée : petits enjoliveurs, intérieur en tissu, horloge à côté du tachymètre… La version S (pour Super) était mieux équipée avec des vitres électriques à l’avant, un verrouillage centralisé et un tableau de bord avec un compte-tour entre autres. Et la ES avait un économètre sur le tableau de bord afin de prouver sa faible consommation.

Fiat Regata break (1)

                Petit à petit, la Regata évolue, en 1984 avec la version Super disponible sur la Diesel qui devient Regata DS, tandis que la gamme Diesel évolue avec un moteur de 1929cc qui développe 65Ch. Mais surtout, c’est l’arrivée d’une version break nommé « Week-end » qui est remarquée et qui remplace la Fiat 131 Panorama, la voiture se démarque par son seuil de chargement plus bas avec un pare-chocs arrière qui bascule. Pour le millésime 1985, la Regata reçoit une boite automatique à quatre rapport, la voiture était alors disponible qu’avec une boite cinq manuelle (certains pays avec une boite 4 avec la version 70 comme entrée de gamme).

                En 1986, la Regata se fait un petit lifting avec de légères modifications esthétiques, et les gamme Regata et Ritmo vont se rapprocher : la Ritmo obtient le tableau de bord et les mécaniques améliorées de la régata. Extérieurement, la Regata d’après 1986 se distinguent par des poignées de porte dont le style se rapproche de celui de la Croma : elles sont désormais incrustées dans la portière, et c’est désormais un mécanisme de palette et non de bouton. Les pare-chocs évoluent légèrement en étant plus longs, et les optiques sont légèrement retouchées.

                     Sous le capot, la Regata reprend les mêmes motorisations avec toutefois l’intégration du système Citymatic d’origine sur les Regata 70 et 85 avec une légère perte de puissance en contrepartie, avec respectivement 65 et 79ch. A performances similaires, la consommation d’essence diminue et permettent à la Regata de proposer un nouvel atout, peu sensible car la diminution des consommations est limitée à 0,3%.

                     La Regata 100 devient quant à elle 100 I.E. avec l’adoption d’une injection qui lui fait gagner un modeste cheval, et prendre 2km/h de plus en vitesse maximale. Mais dans certains pays, le catalyseur est obligatoire et la Regata y perd 10Cv comme en Suisse ou en Allemagne par exemple.

Fiat Regata (6)

            Quant aux diesels, le 1,7 litres est supprimés pour laisser place à un autre bloc de cylindrée identique mais développant 60CV, et la version 1,9 est maintenue sans modification. Arrivera plus tard la Turbo Diesel sur la base de la 1,9 qui développe au final 80ch !

Malgré cette nouvelle offre, la Regata ne perce pas pour autant au niveau des ventes qui demeurent faibles en France, et même au niveau européen. Il faut dire que le design de la voiture avait mal vieilli, déjà qu’il n’était pas fameux à sa sortie… Après 822.000 exemplaires produits, la voiture prend sa retraite en 1990 et laisse sa place à la Tempra… Quant à la Regata, insipide, mal construite, la Regata est le début d’une longue traversée du désert de Fiat dans le monde des berlines. Heureusement, les petites Panda, Uno et Tipo étaient là pour sauver la mise…

7 réflexions sur « Fiat Regata (1983-1990) »

  1. J’ai possédé une mirafiori 131 achetée neuve en Décembre 1977, couleur rouge oxyde, j’en garde un excellent souvenir, à un niveau bien égal des françaises équivalentes de cette époque, seul bémol, la propulsion habitant en zone de demi-montagne. Honnêtement si à l’époque j’en avais eu les moyens financiers (j’étais jeune marié de 22 ans) je l’aurais gardé et ce serait aujourd’hui une rare et belle voiture de collection. Tout cela pour dire que je ne l’ai pas remplacée par une Regata qui ne me plaisait pas, mais par une simca talbot 1307 S….également excellente voiture, rien à voir avec les tape-culs inconfortables d’aujourd’hui !

  2. Je me souviens d’une très belle 100 i.e noire dans les rues de Sète au début des années 90′. Elle faisait beaucoup plus haut de gamme que la Ritmo, « classe à la Jacky » elle faisait !

  3. Cette auto sans charme bâtie sur la Ritmo venait concurrencer le segment assez particulier des compactes à tres grand coffre. Ce fut une mode avec la Volkswagen Jetta (Golf à coffre), la Ford Orion (Escort à coffre), l’Opel Kadett 3 volumes, la Seat Malaga (Ibiza à coffre), voire la R9 puis la R19 à coffre. Elles étaient moins habitables et donc moins chères que les Passat, Ford Sierra, Opel Ascona, R21, Talbot Solara ou Peugeot 405 qui jouaient dans la catégorie supérieure, mais offraient un coffre de contenance tout à fait similaire ! Autant dire que lorsque ces soutes tout en porte à faux arrière étaient chargées, le comportement routier devenait pour le moins curieux ! Pour différencier du premier coup d’œil une Régata série 1 d’une série 2, il suffit de regarder la ligne basse des vitres latérales : remontant aux extrémités sur les 1, rectilignes sur les 2 (on voit d’ailleurs qu’elles sont mélangées sur les illustrations de l’article).

  4. Cette article me rappelle l’argenta de mon oncle quand j’étais enfant.
    Une autre fiat totalement oubliée dont la banquette ultra moelleuse, les vitres teintées bleu et les pare-soleils en plastique coulissants dans le ciel de toit m’avaient épaté …

    1. J’ai possédé une mirafiori 131 achetée neuve en Décembre 1977, couleur rouge oxyde, j’en garde un excellent souvenir, à un niveau bien égal des françaises équivalentes de cette époque, seul bémol, la propulsion habitant en zone de demi-montagne. Honnêtement si à l’époque j’en avais eu les moyens financiers (j’étais jeune marié de 22 ans) je l’aurais gardé et ce serait aujourd’hui une rare et belle voiture de collection. Tout cela pour dire que je ne l’ai pas remplacée par une Regata qui ne me plaisait pas, mais par une simca talbot 1307 S….également excellente voiture, rien à voir avec les tape-culs inconfortables d’aujourd’hui !

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