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Citroën 2CV Barbot (1951-1953)

              L’automobile connaît parfois des histoires improbables, la carrière sportive de la 2CV en est une. Construite pour être une voiture bon marché destinée au mode rural, rien ne prédestinait la 2CV à réaliser des records d’endurance ou à courir le bol d’or… avant que la 2CV ne rencontre un ingénieur nommé Barbot… 

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            On ne contera pas l’histoire de la 2CV ici, cette voiture ultra populaire développée par Michelin conçue à partir de l’année 1935 pour convertir la campagne française à l’automobile. Dévoilée en 1948, la 2CV n’avait rien de sportif avec son moteur de 9Cv et une folle vitesse de pointe à 65km/h lorsque les conditions étaient favorables (lire aussi : la Citroën 2CV Type A). Nul n’imaginait le modèle se présenter en compétition automobile… et pourtant !

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             Dès les premières années de commercialisation du modèle, l’ingénieur Pierre barbot, spécialiste en physique-chimie, se penche sur la 2CV et s’imagine en réaliser une version sportive. Barbot n’est pas un fou, l’homme dirige également une entreprise de mécanique de précision et met ses compétences à l’oeuvre. En 1951, Barbot dessine les grandes lignes de la voiture, ce sera un roadster dont le poids est allégé au maximum, et passe à la réalisation du modèle à compter du mois de septembre.

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                Le travail est considérable car Pierre Barbot raccourci le châssis de la 2CV de 25cm, lui octroie une nouvelle suspension qui évite à la voiture de pencher en virage en la collant au sol. Par conséquent, l’ensemble des pièces de carrosserie sont réajustées si bien qu’aucun élément n’est conforme à la 2CV d’origine.  Ces importantes modifications permettent de réduire le poids de la voiture, tandis que certaines pièces répondent à des contraintes aérodynamiques comme le capot qui est aplani.

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              Côté moteur, la 2CV Barbot s’équipe d’un bicylindre de 348cm3 (contre 375 de série), un choix étonnant mais effectué pour entrer dans la classe des moins de 350cm3, la puissance demeure inconnue. La voiture reçoit deux carburateurs, une tubulure spéciale et un échappement modifié pour l’occasion. Barbot tenta de qualifier une premier fois sa 2CV pour le bol d’or 1952, sans succès. L’année suivante, la voiture réussit à ce qualifier et remporte le bol d’or dans sa catégorie.

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             Avec ce succès, la 2CV Barbot attire les projecteurs vers elle, notamment la société des Huiles Yacco qui finance une opération d’endurance avec ce modèle, dans le même esprit que les records effectués par les Rosalie vingt ans plutôt. Barbot et Vinatier se partagent le volant durant 24 heures, la 2CV Barbot tourne sur le circuit de Monthléry et interrompt sa course le 27 septembre 1953 en ayant battu neufs records internationaux dans sa catégorie, parmi lesquels une moyenne de 90,960km/h sur 12 heures, 85,02km/h sur 24 heures…

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                  Après cette chevauchée, la 2CV Barbot met un terme à sa carrière avec le sentiment du devoir accompli. Hélas, la voiture originale, l’unique construite, ne nous est pas parvenu mais nombre de répliques rendent hommage à cette version avec plus ou moins de réussite…

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