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17 Mai 1958 : explosion d’un garage à Paris

  

            Après avoir glané cette photo sur le net, avec comme légende « Paris, 1958 », j’ai donc voulu en savoir plus sur le pourquoi du comment de cette photo, qui il faut le dire, demeure assez impressionnante

           1958 ! En voilà une année troublée en France, avec les évènements en Algérie qui ont précipité la fin de la quatrième République et permis au Général De Gaulle d’instaurer la cinquième République, évènements qui auraient pu nous rapprocher de cette photo, laissant présager aux premiers abords, et avec notre conscience contemporaine, à un attentat ! Mais sur ce point là, rien ne ressortait des recherches.

               En regardant attentivement la photo, on remarque que sont en vrac des voitures de diverses marques (Renault, Citroën, Peugeot, Simca, Panhard), et que sur la gauche, sur les étages de ce garage, sont alignés uniquement des Simca, notamment des Arondes 1300 au deuxième qui paraissent neuves; sans doute sommes-nous dans un garage de la marque à l‘hirondelle ? Mais on remarque surtout une certaine vétusté du bâtiment, notamment le mur en arrière fond, peut-être un élément de réponse, mais il est difficile a savoir si ce bâtiment est réellement vétuste ou si ce sont des dégâts lié à cette effondrement de ce dernier. Ainsi, mes recherches se sont donc portées vers un accident, pensant par exemple à une structure métallique qui aurait lâchée.

             Et là, je retrouve la trace de cet évènement, il s’agit donc bien d’un accident ayant eu lieu le 17 Mai 1958, mais non lié à la structure du bâtiment (quoique …), mais du à un remplissage des cuves d’essence. Mais cet accident est, comme souvent, un enchaînement d’évènements, que nous allons reprendre un pas un.

             Le propriétaire de cet établissement, situé 14 Rue d’Oslo à Paris, grand de 600m², qui s’étalait sur cinq étages dont certains faisaient office de parking, avait fait réaliser des travaux non déclarés afin d’agrandir son garage, un chantier qui s’est fait sans respecter les normes de l’époque. Et pendant les travaux, les ouvriers viennent à perforer une canalisation, laquelle parait inutilisée et par conséquent, laissée en place sans qu’aucune réparation ne soit effectuée.

            Quelques semaines plus tard, le garagiste fait remplir ses cuves d’essence, et malheureusement pour lui, cette canalisation était reliée à l’une des cuves, et de fortes vapeurs d’essences envahissent le garage. Réalisant le danger, il fit appel aux sapeurs-pompiers.

             Trois véhicules sont dépêchés sur place, un fourgon premier secours, un pompe-tonne et une grande-échelle, le tout commandé par le Caporal-Chef Soulignac. Les pompiers comprirent rapidement la dangerosité de leur mission, puisque n’étant pas encore arrivé sur les lieux, les vapeurs d’essence étaient déjà perceptibles quelques rues à la ronde ! Une fois arrivés sur place, les pompiers font évacuer l’établissement et éloigner le camion citerne qui était devant le garage.

          Malheureusement, durant cette évacuation, un interrupteur électrique est enclenché involontairement, ce qui produit une étincelle et embrassa immédiatement les vapeurs d’essence, provoquant une énorme explosion. Et les conséquences furent énorme, hors les dégât matériels, visibles en partie sur la photo, il y eu un lourd bilan humain, avec 17 morts, dont trois pompiers, et 7 écoliers passant par là, attiré par les camions de secours. Et se rajoutent à ce bilan 22 autres personnes blessées plus ou moins gravement. Nous sommes donc en présence d’une catastrophe majeure de la vie parisienne, voire même au niveau national.

            De cet accident furent tiré de nombreux enseignements, et a permis un renforcement drastique des normes pour les dépôts de carburants, avec des travaux et opérations de maintenance périodiques, qui doivent être menés rigoureusement avec de nombreux contrôles. Et cette législation est toujours en vigueur aujourd’hui, renforcé ici et là au fil des avancés technologiques ou d’autres accidents …

  

8 réflexions au sujet de « 17 Mai 1958 : explosion d’un garage à Paris »

  1. En réunion de catéchisme ce soir, nous avons parlé de notre enfance et des cérémonies grandioses par le nombre d’enfants qui y participaient. Je suis parisienne et devenue landaise d’adoption. Donc Paris, pour moi a beaucoup d’importance et dans la conversation j’ai parlé de cette catastrophe. Les personnes qui se trouvaient avec moi ce soir ont été très perturbées de mon récit et c’est pour cela quand rentrant à mon domicile, j’ai voulu voir si le souvenir était quelque part toujours présent. Je suis tombé sur ces images et vidéos, voilà pourquoi à mon tour je vous ai relaté mes souvenirs. Dans les enfants qui ont été tués, il y en avait cinq ou six qui devaient faire leur Communion solennelle ou 1ère Communion comme on disait à cette époque, en l’Eglise Saint Michel des Batignolles située rue Saint Jean mais sur le 17è. J’avais 12 ans et je n’oublierai jamais l’image de l’intérieur de cette immense église avec les bancs en velours rouge où les enfants devaient être assis pour cette superbe cérémonie. A la place des enfants qui venaient de décéder, il y avait des petits coussins de fleurs blanches ! Vous ne pouvez pas vous imaginer l’émotion, les larmes et le chagrin de toutes les familles même celles qui n’avaient pas été touchées. J’habitais rue ST Jean et la déflagration nous l’avons ressenti, ça c’est passé vers midi, un samedi à la sortie d’école. Les enfants attirés par les pompiers pour les voir en action se sont précipités et l’explosion a eu lieu. Des personnes demeurant dans les rues encore plus proches que nous en sont tombées de leurs chaises. Il y avait des débris de vitres partout dans les caniveaux, je n’ai pas connu la guerre, je suis née en 1946, mais c’était vraiment l’horreur, les abords de la rue d’Oslo sont restés des années fermés. Je n’ai jamais oublié et je ne pourrai jamais oublier. A cette époque, je m’appelais Jacqueline ROUMILLY.

    1. En 1958, j’avais alors sept ans, j’étais une petite fille insouciante et joyeuse, mon

      frère aîné allait bientôt faire cette communion solennelle, comme il était de tradition

      à l’époque ainsi que ses camarades de classe, j’habitais à la Caserne des Pompiers

      de la rue Carpeaux où mon père exerçait en tant que sapeur – pompier de Paris, il

      était alors Sergent, il fut donc appelé pour une intervention rue d’Oslo, ma mère et

      moi même étions à notre domicile situé à l’intérieur de la caserne, et puis nous avons

      entendu une déflagration terrible , ma mère pressentant le drame me prit prestement

      et me dit avec angoisse qu’une explosion devait avoir eu lieue, nous nous dirigeâmes

      vers le garage mais nous n’y sommes jamais parvenus, passant devant

      ce qui à l’époque était une pharmacie, nous y avons vu horrifiées les sapeurs –

      pompiers blessés , ensanglantés, et là, mon père se trouvait, là ,sur un des brancards , il

      n’avait pas 35 ans était père de trois enfants, et gisait, là, défiguré par de nombreuses

      blessures, les côtes fracturées et puis ma mère appris que parmi les victimes se trouvaient

      des enfants des écoles, affolée celle -ci hurla , mais le malheur ne frappa pas

      deux fois en cette sinistre journée, celui- ci, fils de pompiers connaissant bien

      le déroulement des opérations d’intervention rentra à la maison……

      Cette journée reste tristement dans ma mémoire , et la presque vieille femme

      que je suis devenue ne peut retenir ses larmes à l’évocation de ces pauvres

      enfants , de la douleur de leurs parents, des pompiers disparus , de toutes

      les personnes qui d’une façon ou d’une autre ont du faire avec ces douloureux

      souvenirs et aussi de cette petite fille qui est devenue un peu plus grave.

  2. Bonjour. Je suis tombé sur cet article en cherchant des photos de cet évènement. En récupérant la deuxième photo, je m’aperçois qu’elle est intitulée « chasse-tresor-01-img ». Je permets de noter un certain manque de respect les 17 personnes qui ont trouvé la mort dans cette catastrophe.

  3. Bonjour,

    Je me souviens très bien de cet évènement. J’avais onze ans et habitait pas très loin, rue Damrémont. Mes parents y garait une Ford Vedette 1951 de couleur vert olive. En passant, le moteur avait mal digéré la montée d’un col dans la Sierra Nevada en plein mois d’août. La Ford qui avait sept ans était comme neuve et a fini ses jours dans ce chaos. Ma tante avait une 203 noire que l’on pouvait voir encore garée à l’étage. Elle a fini à la casse car il était impossible de la déloger intacte. Le garage, tenu par un certain Nadazzi, était un agent Simca il me semble, marque où travaillait mon père à Poissy. L’affaire avait fait grand bruit, au propre comme au figuré, dans la capitale. Le journal télévisé en avait relaté les faits.

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